Top 10 des meilleurs films de l’année 2020

Après son top des meilleures séries de l’année, Salles Obscures vous propose les films préférés de la Rédaction en cette année si particulière.

10 – Little Women, de Greta Gerwig

Greta Gerwig nous livre avec Little Women un mètre-étalon de l’adaptation d’un classique de la littérature, ici américaine. Et cela en grande partie grâce à son scénario et son montage qui mêlent les temporalités, la vie de Louisa May Alcott (auteure des Quatre Filles du Docteur March) et la fiction, afin d’éviter la simple redite du matériau original, écueil très (trop) souvent présent dans nombre de ces adaptations. Bien que l’intrigue se déroule pendant la guerre de Sécession, le propos du film est surprenant de nuance et de modernité. Confrontant chacune des sœurs March à une société patriarcale, il magnifie la lutte de Jo sans jamais juger ses sœurs, moins investies. Rajoutez une pléiade d’acteurs excellents et une mise en scène sublime, et vous obtenez un chef-d’œuvre à ne pas manquer.

Retrouvez notre critique complète juste ici.

9 – La Fille au bracelet, de Stéphane Demoustier

Autopsie clinique d’un procès derrière la caméra de Stéphane Demoustier, La Fille au bracelet est certainement le bijou cinématographique caché de l’année 2020. Inspiré d’un film argentin et d’un fait divers, l’histoire retrace le procès de Lisa, jeune fille que l’on accuse d’avoir assassiné sa meilleure amie. Contrairement à la plupart des films reprenant des affaires judiciaires, La Fille au bracelet ne sombre jamais dans la facilité du film documentaire dénué d’intérêt cinématographique : ici, chaque plan est froid, presque chirurgical, contrastant violemment avec le rouge vif de la magnifique salle de la cour d’Assises pour mineurs. Demoustier, sans jamais tomber dans la caricature, dépeint avec brio les mœurs de la jeunesse de notre époque. Melissa Guers, impressionnante dans un premier rôle, parvient à nous faire douter tout du long de la culpabilité ou de l’innocence de son personnage.

8 – Le Cas Richard Jewell, de Clint Eastwood

Clint Eastwood revient à la réalisation avec un nouveau film sorti en début d’année. Le Cas Richard Jewell met en scène le personnage éponyme rêvant d’intégrer les forces de police. Alors qu’il est chargé de la sécurité au cours d’un évènement, il découvre la présence d’une bombe permettant de sauver d’innombrables vies. Il devient très vite un héros national, mais est cependant suspecté par le FBI d’avoir posé l’engin explosif. Les médias récupèrent alors la polémique. Clint Eastwood n’a cessé durant sa filmographie de se poser des questions sur l’héroïsme, et Le Cas Richard Jewell ne fait pas figure d’exception. C’est notamment l’occasion pour lui de questionner l’importance des puissances médiatiques dans la construction du héros, ainsi que de la complexité des situations et des individus.

Retrouvez notre critique complète juste ici.

7 – Uncut Gems, des Frères Safdie

Dernier né des frères Safdie (après le vivifiant Good Time), Uncut Gems suit les tentatives désespérées d’un pauvre type propriétaire d’une bijouterie à New-York pour rembourser les dettes dont il est perclus. Electrique et immoral, clinquant et harassant, il n’épargne pas, à travers son personnage principal, une société américaine obsédée par l’argent qui ne peut vivre qu’à crédit. Outre sa mise en scène hypnotisante, le film est également remarquable pour la prestation de ses deux acteurs principaux. Julia Fox, dont c’est le premier rôle au cinéma, crève l’écran en maîtresse amourachée et prête à tout. Surtout, Adam Sandler réitère l’exploit Punch Drunk Love dans un rôle à contre-emploi : osons le dire, il aurait mérité l’oscar du meilleur acteur bien plus que Joaquin Phoenix.

6 – Tenet, de Christopher Nolan

Une fois écartés les reproches classiques adressés aux films de Nolan (manichéisme, manque d’émotions, personnages monocordes, intrigue absconse), Tenet reste avant tout un formidable moment de cinéma. Un film ambitieux, qui explore la temporalité comme aucun autre avant lui pour mieux laisser transparaître l’amour inconditionnel de Christopher Nolan pour le cinéma, ce monde des possibles qui lui permet toutes les folies. Tenet raconte l’histoire de deux chevaliers du temps qui tentent d’empêcher le futur de détruire le passé. Dans ce film labyrinthique, Nolan se fait plaisir comme rarement auparavant, et s’il délaisse certains aspects traditionnellement faibles dans son cinéma, le reste n’est qu’extase pour les amateurs de grand écran. Le réalisateur n’a rien perdu de sa maîtrise des cadres ou de sa formidable direction d’acteurs, et réussit le pari fou de nous faire revivre ce que la fermeture des cinémas nous avait fait oublier : le frisson des salles obscures.

Un film qui n’avait pourtant pas fait l’unanimité auprès de tous nos membres, comme le montre cet article que l’un d’eux avait écrit au moment de sa sortie.

5 – Dark Waters, de Todd Haynes

Sombre et construit comme un thriller, Dark Waters romance la vraie vie de Robert Bilott (joué par un très bon Mark Ruffalo), avocat qui s’est battu contre le déversement de produits chimiques dans la nature et plus particulièrement contre les agissements de l’entreprise DuPont. Le film nous plonge dans une enquête durant plusieurs années, mais qui n’en est pas moins haletante, tout en livrant une critique acerbe de l’avidité et des dérives de grandes entreprises. Laissant un certain goût de révolte en bouche, Dark Waters est un film qui mérite d’être vu – ne serait-ce que pour vous convaincre d’arrêter d’acheter des poêles en Téflon.

4 – Jojo Rabbit, de Taika Waititi

Comédie noire ayant emporté l’Oscar du Meilleur Scenario Adapté en 2020, l’histoire de Jojo Rabbit est assez simple : un enfant de 10 ans, qui vit dans l’Allemagne nazie, a pour ami imaginaire Hitler. Mais le personnage écrit et joué par Taika Waititi n’est pas Hitler : le vrai Hitler n’apparaît pas dans le film, tout comme il n’est pas physiquement présent dans la vie de JoJo. Tout ce que JoJo sait sur Hitler vient de la propagande et de ce qu’on lui a appris toute sa vie. Même l’Allemagne nazie, ravagée par les horreurs de la guerre, est dépeinte comme un monde joyeux et coloré, puisque nous le voyons à travers les yeux d’un enfant. JoJo Rabbit est le film dont nous avons besoin en ce moment. Il nous rappelle l’importance de pouvoir prendre la réalité à la légère sans être superficiel, de pouvoir défendre l’amour qui finalement l’emporte, parce que « l’amour est la chose la plus forte au monde ». C’est une lueur d’espoir qui survit à l’horreur.

Un film qui avait pourtant divisé nos membres, qui débattaient déjà à son sujet dans un de nos articles.

3 – Les Sept de Chicago, d’Aaron Sorkin

Porté par un casting 5 étoiles (Eddie Redmayne, Sasha Baron Cohen, Joseph Gordon-Lewitt pour ne citer qu’eux), Les 7 de Chicago présente le procès qui s’est tenu en 1969 contre 7 des organisateurs de manifestations contre la guerre du Vietnam ayant violemment dégénéré lors de la convention d’investiture démocrate de 1968. Le film d’Aaron Sorkin, à la réalisation classique, est porté par la reconstitution des émeutes, du procès, et les échanges entre Tom Hayden (Redmayne) et Abbie Hoffman (Cohen), servis par des dialogues ciselés. Violences policières, remises en causes d’interventions militaires à l’étranger, dysfonctionnement de la justice : les maux de la société américaine abordés par ce film sont toujours actuels 50 ans après les faits. Un film Netflix bien parti pour les Oscars.

2 – Drunk, de Thomas Vinterberg

Et si la vie était faite pour être vécue avec 0,5 grammes d’alcool dans le sang ? C’est l’étrange pari que fait une bande d’amis cinquantenaires, sur les conseils d’un obscur philosophe norvégien. Les quatre amis, professeurs dans un lycée danois, entreprennent cette expérience méthodiquement, persuadés que l’alcool les aidera à reprendre le contrôle de leurs élèves, de leur mariage et de leur destin. Drunk est l’histoire de cette crise de la cinquantaine pas comme les autres, et une célébration de la vie. Ni naïf ni moralisateur, Vinterberg porte un regard très juste sur le besoin humain de perdre le contrôle, d’oublier d’avoir peur, et de jouir du moment. Il est rare de voir au grand écran une image si fidèle de l’ivresse.

Retrouvez notre critique complète juste ici.

1 – 1917, de Sam Mendes

Un périple dans les tranchées de la Guerre de 14, une traversée dans la boue du no man’s land et une mission à mener à bien : 1917 répond à de nombreux critères propres aux films d’époque traitant de la Grande Guerre. Mais c’est sans compter le talent du réalisateur Sam Mendes qui, par une réalisation des plus habiles, a su embarquer les spectateurs dans une aventure en temps réel à l’aide d’un (faux) plan séquence de deux heures où violence, courage et héroïsme transparaissent à l’écran. Une expérience prenante que certains pourront trouver trop lente à leur goût mais qui saisira sûrement les plus férus de réalisme cinématographique. Mention spéciale au sublime a capella de Jos Slovick, « I am a poor wayfaring stranger ».

Article rédigé par Sébastien, Philippine, Fehri, Thibault, Aude, Sara, Pierre B., Rosalie et Mathias C.

Merci à Philippine, Max, Thibault, Léa T., Alexandre, Sacha, Sébastien, Fehri, Pierre, Léa G., Manon, Aude, Mathias P., Hadrien, Lou, Tom, Marie-Eugénie, Matthieu, Théa, Rosalie et Sara pour leur contribution.

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