Top 10 des meilleures séries de l’année 2020

Mentions spéciales :

10 – Little Fires Everywhere (Hulu)

Comparée à Big Little Lies dès son annonce, la série en partage de nombreux traits : adaptation d’un roman à succès – ici La Saison des feux de Cécile Ng, Reese Witherspoon dans l’un des rôles principaux, des femmes dans tous les rôles titres et la promesse d’une confrontation entre différents styles d’éducation. Si la série ressemble beaucoup à Big Little Lies sur le papier, ces deux œuvres divergent dans le traitement qu’elles font de la maternité. Little Fires Everywhere se concentre exclusivement sur cette notion, que beaucoup croient innée chez la femme, pour faire le portrait de deux mères qui ont, à leur façon, échoué à le devenir. Deux femmes très différentes pourtant rassemblées par la volonté de mieux faire, l’espoir secret d’obtenir une seconde chance, l’envie cachée de s’accomplir dans un rôle qu’elles n’ont jamais vraiment voulu mais qu’elles ont pourtant fini par choisir. Une très belle série sur la maternité, sans clichés ou presque, subtile, et servie par les interprétations sans faille de Reese Witherspoon et Kerry Washington.

Disponible sur Prime Video.

9 – Devs (FX)

Série de science-fiction du déjà reconnu Alex Garland, réalisateur du remarqué Ex Machina et d’Annihilation sur Netlfix, Devs prend pour point de départ un couple qui travaille dans une grosse firme technologique en charge d’un projet secret et révolutionnaire, le projet Devs. Après son premier jour sur le projet en question, Sergei, le petit ami de Lily, se donne la mort dans les locaux de l’entreprise. Du moins c’est ce que l’énigmatique patron de la société, Forest, lui fait croire. Lily se retrouve alors aux prises de ce personnage énigmatique et se décide à enquêter sur la vérité du projet Devs, au péril de sa vie. Techno-thriller à l’esthétique léchée, à l’image des autres productions d’Alex Garland, Devs est une série labyrinthique, qui prend le contrepied de toutes les autres séries de science-fiction pour adopter un rythme contemplatif au service d’une écriture intelligente et retorse, pour un suspens constant et parfaitement maîtrisé. Une production ambitieuse et soignée, qui se bonifie au fil des épisodes pour finir sur quelques révélations sensationnelles et magistralement amenées. 

Disponible sur Canal+.

8 – Unorthodox (Netflix)

Mini-série sensation Netflix du premier confinement, Unorthodox raconte la fuite d’Esther pour Berlin après un mariage et toute une existence au sein d’une communauté juive ultra-orthodoxe de New York. La série allemande, adaptation de l’autobiographie de Deborah Feldman, tombe extrêmement juste dans chacun de ses quatre épisodes. Sans manichéisme, la série ausculte avec précision le fonctionnement de la communauté juive ultra-orthodoxe, ses méthodes et son immense réseau, tout en observant les premiers pas dans la vie normale d’une jeune femme qui n’a jamais connu que la rigueur de son cadre familial. Bouleversante, la jeune Shira Haas donne vie à son personnage et parvient à convaincre de son incommensurable malheur sans jamais forcer le trait. Alliant finesse d’écriture et réalisation soignée, Unorthodox s’impose facilement comme l’une des séries les plus bouleversantes de l’année, et sans aucun doute comme un joli coup pour Netflix. 

7 – The Flight Attendant (HBO)

Kaley Cuoco, surtout connue pour le rôle de Penny dans The Big Bang Theory, prend les commandes de cet OVNI télévisuel, sorte de thriller à la sauce Very Bad Trip, mélange habile et subtile des genres qui navigue constamment entre le drame et la comédie, entre l’horreur et l’absurde. Dans la série, une jeune hôtesse de l’air, Cassie, se réveille dans une chambre d’hôtel à Bangkok et découvre horrifiée dans son lit le cadavre de son amant d’un soir, Alex. Elle décide alors de fuir la ville en effaçant les traces de sa présence dans la chambre. De retour aux Etats-Unis, Cassie commence à douter de son innocence. Construite de façon magistrale, la série mène tambour battant une enquête aussi grotesque que palpitante, au fil de situations plus ubuesques les unes que les autres, sans toutefois négliger le sous-texte dramatique de cette histoire pas banale. The Flight Attendant est un hybride qui fonctionne à la perfection, entre La Panthère Rose et Seven, porté par l’interprétation toujours très juste de Kaley Cuoco qui arrive ici à concilier ses talents comiques et une dimension dramatique qu’on ne lui connaissait pas. Entre rêve, hallucination et enquête, la série réussit une synthèse audacieuse des genres, servie par une écriture maligne et ciselée.

6 – The Haunting of Bly Manor (Netflix)

Deuxième mouture de la saga « The Haunting… », Bly Manor avait la lourde tâche de faire au moins aussi bien que sa grande sœur Hill House. Pari réussi haut la main pour Mike Flanagan qui signe ici une adaptation du Tour d’écrou, le chef d’œuvre de la littérature horrifique écrit par Henry James il y a plus d’un siècle, que le talentueux réalisateur transpose dans une époque plus contemporaine. Bly Manor, plus humaine que son prédécesseur, construit une solide galerie de personnages, tous ou presque interprétés avec brio et justesse. Retenons les performances de Victoria Pedretti, T’Nia Miller et Rahul Kohli, tous trois bouleversants du début à la fin, mais aussi celle des deux enfants, Amelie Smith et Benjamin Ainsworth, qui ont déjà tout de grands acteurs. Toujours sublimée par la réalisation inspirée de Flanagan, Bly Manor se révèle être un véritable drame, plus qu’une série d’horreur. Plutôt que de faire peur, Flanagan tente de la comprendre, de la disséquer, et dépoussière les histoires de fantômes pour déceler l’enjeu dramatique derrière le screamer. 

Retrouvez notre critique complète juste ici

5 – Parlement (France Télévisions)

Par l’auteur du script du film Le Brio, fallait-il s’attendre à autre chose ? Dans cette comédie étrange et décalée, Noé Debré suit le parcours de Samy, fraîchement nommé assistant parlementaire d’un député européen au lendemain du Brexit. Après une succession de malentendus, il se retrouve en change de faire voter un amendement sur la pêche au requin. Problème, il ne connaît rien au fonctionnement du parlement européen, pas plus qu’à la pêche au requin. Très gros succès de France Télévisions, co-produite avec la Belgique et l’Allemagne, Parlement est presque une série d’utilité publique pour comprendre le fonctionnement des institutions européennes, que très peu de gens maîtrisent véritablement, en plus d’être une comédie très drôle sans pousser aucun des curseurs éculés de la comédie française. Ici, ni racisme gênant, ni homophobie latente, mais plutôt un humour subtil et maîtrisé, un comique multidimensionnel qui fait plaisir à voir. Une nouvelle façon d’apprécier l’Europe. 

Disponible gratuitement sur le site de France Télévisions.

4 – We Are Who We Are (HBO)

Estampillé HBO et Sky, une chaîne italienne, WAWWA portait dès son origine la marque de sa dualité de culture, qui est aussi celle de son showrunner, Luca Guadagigno. En quelques films très remarqués, Call me by your name et Suspiria version 2019 en tête, le réalisateur a sur se forger une solide réputation autant qu’un style pastel très particulier qu’il met aussi au service d’un long format. WAWWA narre l’amitié entre deux adolescents, Fraser et Cait, qui ont la particularité de vivre sur une base militaire américaine en Italie. Les deux jeunes gens, qui ne supportent plus le cadre trop strict de leur vie autant que de leur corps, vont s’aider l’un l’autre à sortir la tête de l’eau pour enfin se révéler. Une histoire touchante, filmée avec malice par le cinéaste italien, en pleine possession de ses moyens. Sa réalisation pastel et légère fait mouche, autant que cette histoire aussi bouleversante qu’actuelle. 

Retrouvez notre critique complète juste ici.

3 – The Queen’s Gambit (Netflix)

Succès surprise et démentiel sur Netflix, The Queen’s Gambit, étrangement traduit Le Jeu de la dame, est l’adaptation d’un roman de Walter Travis qui raconte l’ascension de Beth Harmon dans le milieu très phallocentré des échecs, en plein guerre froide. Pour donner vie à ce personnage, Scott Franck et Allan Scott ont eu le génie d’engager l’exceptionnelle Anya Taylor-Joy, qui donne littéralement vie à cette série, plutôt académique sur le papier. Finalement, The Queen’s Gambit se révèle être aussi maîtrisée que touchante, réalisée avec soin et inventivité, mais elle réussit surtout l’exploit de rendre les échecs palpitants, et ce même pour les néophytes. On n’y comprend presque rien mais on adhère totalement, et le spectateur lambda s’engouffre l’espace d’un instant dans la folie des échecs, ce véritable sport qui passionne autant qu’il fascine. The Queen’s Gambit est mélange savamment dosé de suspens, d’émotions et de grandes performances. Exactement ce qu’il nous fallait en ce second confinement. 

Retrouvez notre critique complète juste ici

2 – Antidisturbios (Movistar+)

Réalisée par Rodrigo Sorogoyen, le nom qui monte dans le cinéma espagnol, Antidisturbios, comprenez « police anti-émeutes », est un véritable uppercut, aussi inattendu que saisissant. Après deux excellents films, El Reino mais surtout Madre cette année, Sorogoyen signe une série qui n’aurait franchement pas pu mieux tomber. On y suit une brigade espagnole de policiers anti-émeutes, l’équivalent de nos CRS, liée à une mort qui survient lors d’une opération d’expulsion très violente. Une série franchement nécessaire, ultra politique et terriblement ancrée dans une actualité marquée par une vague de protestations contre les violences policières partout dans le monde. Sans aucun manichéisme ni parti pris, la série développe une passionnante intrigue tout en prenant le temps d’analyser avec une précision chirurgicale les tenants et les aboutissants des débordements policiers. Ni charge anti-policiers, ni manifeste pro-émeutiers, Antidisturbios est un terrassant état des lieux de la confiance rompue, de la peur mutuelle et de la pression constante. Une série tout simplement brillante, qui s’ouvre avec un épisode magistral, éreintant, quasi irrespirable, que vous n’oublierez pas de sitôt. Elle est aussi d’utilité publique, sans aucun doute. 

Disponible sur Canal+.

1 – Normal People (BBC) 

La meilleurs série de l’année est aussi la plus simple. Adaptation d’un best seller de Sally Rooney, cette petite série irlandaise raconte l’histoire d’amour tumultueuse de Marianne et Connell, du lycée jusqu’à leur entrée dans la vie active. Une histoire qui les unit dès le départ et qui rend toute séparation impossible pour les deux âmes sœurs. Normal People est une série touchante, fluette et grave, une réflexion profonde mais jamais assommante sur l’amour et son inéluctabilité. Servie par les prestations très justes, presque irréprochables de deux acteurs débutants dans les rôles principaux, Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal, le série ne s’encombre pas de péripéties secondaires et épure son propos au maximum pour obtenir un concentré d’émotions incroyable, rendu plus que crédible par l’interprétation de l’ensemble du casting. Le tout sublimé par la réalisation légère mais marquée de Lenny Abrahamson, déjà réalisateur du remarqué Room avec Brie Larson. Belle à pleurer, attachante et bouleversante, Normal People est la meilleure série de cette année chaotique, sans conteste. 

Retrouvez notre critique complète juste ici. Disponible sur Prime Video (Starz).

Mathias Chouvier

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