Donnie Darko, un film universel

Il serait trop long et fastidieux d’expliquer Donnie Darko. Ce serait surtout inutile… Ce n’est pas tant le déroulé du film qui le rend intéressant que les sentiments qu’il provoque et les questionnements propres à chacun qu’il soulève. Donnie Darko est un film dont il faut s’imprégner pour totalement pour l’apprécier. Bien des critiques qu’il reçoit soulignent son aspect désordonné et incompréhensible. Il n’a pourtant pas pour but de raconter une seule histoire avec un début et une fin. La boucle temporelle dans laquelle la narration est inscrite le révèle parfaitement. Il faut se laisser porter par le récit et en un sens, s’abandonner…

S’abandonner au sentiment de solitude éprouvé par le protagoniste ainsi qu’aux peurs qui l’habitent et le poussent à cette solitude. Cela, tout adolescent ou jeune adulte peut le comprendre. Tout comme il peut comprendre l’incompréhension et la colère que ressent le jeune Donnie à l’égard de ce monde d’adulte qui ne l’acceptepas et dont il se sent exclu. On peut alors se laisser apaiser par l’apparition de Gretchen avec qui il vit une histoire d’amour et qu’un étrange calme enveloppe tandis que le film devient de plus en plus inquiétant.
Il faut accepter d’être saisi par les sursauts de paranormal et d’hallucinations qui donnent tant de saveur à l’œuvre, car ils sont accompagnés d’idées de mise en scène fabuleuses et envoutantes. Ici un gros plan sur la rétine de Donnie entourée de vagues puis de flammes, là les impacts de coups de couteaux sur une paroi invisible faisant onduler un point de lumière étincelante.

Si, dans un premier temps, on jubile de voir Donnie se rebeller contre l’hypocrisie et le puritanisme alors que Jake Gyllenhaal adopte un jeu de plus en plus psychotique, on comprend vite que cela ne fait que l’ostraciser davantage. Il le comprend aussi… C’est une chose merveilleuse avec ce film : on accompagne le protagoniste dans son appréhension d’un univers sombre qui fascine au fur et à mesure que les pièces du puzzle s’assemblent. D’une manière très subtile, et donc exceptionnellement intrinsèque, on poursuit le même fil de pensées et d’émotions que lui.
Le jeune héros fini par embrasser ce monde et ses défauts. Il compatit à la peine de ceux qui le composent et enfin, suivant son intuition, se sacrifie pour sauver la vie de ceux qui lui sont chers mais aussi celle de tous ceux qu’il a méprisés.

S’il est possible de voir en Donnie une incarnation de la figure christique, le film ne martèle aucun propos au spectateur. Il aborde une multitude de thèmes différents qui demeurent largement en filigrane et ne nous sont pas imposés. Comme l’a avancé Richard Kelly, le réalisateur, son unique but était que « chacun y voie son propre film ». Il s’est pour cela abstenu de pourvoir une explication définitive à son œuvre, de sorte que toutes les théories l’entourant soient vraies.

C’est ici la grande force de Donnie Darko qui nous donne l’opportunité de vivre un moment de cinéma tout à fait personnel, presque intime…

Gaspar Carré.

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