La saga « Cube » : le confinement de l’extrême

Suite à la lecture de notre article « Top 10 spécial confinement au cinéma » (à lire ici) il m’est venu l’envie de revoir Cube, le film d’horreur de mon adolescence, que je n’avais pas vu depuis plusieurs années. Après l’avoir fait, je me suis décidée à re-visionner la saga en entier, mais Hypercube et Cube Zero m’ont laissé un goût amer, le même que face à la saga Saw. Bien que Cube ne soit pas le chef d’œuvre qu’est le premier Saw, on retrouve la même dynamique dans les deux sagas : un premier opus excellent, ou tout du moins correct, pour des suites qui perdent le fil.

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Le premier Cube, réalisé par le canadien Vincenzo Natali, est sorti en 1997. Plusieurs personnes se réveillent, sans savoir pourquoi, dans un labyrinthe de pièces cubiques vides, certaines équipées de pièges mortels pratiquement impossibles à détecter. Rapidement, les protagonistes se rendent compte qu’ils possèdent tous un « don » particulier qui, combiné à celui des autres, peut les aider à s’évader : le policier, l’architecte, l’étudiante en mathématiques, l’autiste génie des chiffres et la psychologue… Les conflits personnels, les luttes de pouvoir, l’ego et la peur prendront vite le pas sur la raison des captifs qui, au lieu de s’unir dans un même but, finiront par s’entretuer. Le film est bon. Les acteurs sont corrects, les pièges gores raviront les fans d’horreur, l’atmosphère est étouffante et la trame plutôt bien ficelée. Evidemment, Cube n’est pas un chef d’œuvre de l’horreur au même titre que le serait Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper ou La Nuit des masques de John Carpenter mais il reste tout de même un classique du genre. D’ailleurs à sa sortie, le film est plutôt acclamé par la critique puisqu’il remporte le Grand Prix, le Prix du public et le Prix de la critique au Festival de Gérardmer en 1999.

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Face au succès de ce premier opus, Hypercube est réalisé en 2002 par Andrzej Sekuła qui est, au passage, le directeur de la photographie de Pulp Fiction, Reservoir Dogs mais aussi American Psycho. Encore une fois, des personnes qui ne se connaissent pas se réveillent dans un labyrinthe de pièces cubiques. Sauf qu’ici, elles n’ont aucune raison d’être là. La trame principale du film original où des personnes doivent s’unir et travailler ensemble pour s’en sortir n’existe plus. Ce nouveau groupe de personnes ne dispose d’aucun talent. Elles sont là uniquement parce qu’elles auraient un lien avec les personnes en charge de ce labyrinthe. Malheureusement c’est un fait que l’on apprend à la fin et qui nous importe peu. L’avocate représente la compagnie, l’ingénieur a dessiné les portes, le concepteur de jeu vidéo a inventé le concept, et alors ? Pourquoi sont-ils là ? Le film n’a aucun but, aucun objectif et le labyrinthe ressemble plus à une prison ou une punition qu’autre chose. Les protagonistes n’avancent pas, ils errent seulement et cette errance qui pourrait être intéressante ne l’est pas parce qu’elle ne répond à rien. Les protagonistes se contentent de mourir les uns après les autres et la fin, bien que « surprenante », n’a aucun sens et tombe comme un cheveu sur la soupe. Contrairement au film original, les pièces sont toutes blanches, bien trop blanches, tellement blanches qu’on en a mal à la tête. Le labyrinthe semble être différent, au lieu d’être mécanique comme le premier et donc réaliste, ce nouveau labyrinthe est « métaphysique ». Les pièges sont eux aussi « métaphysiques », si cela peut faire sens, et les effets spéciaux, déjà très laids à l’époque, rendent aujourd’hui le film tout bonnement ridicule. Un échec donc.

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Si l’on pensait avoir vu le pire avec Hypercube, il faut attendre d’avoir vu Cube Zero, prequel de Cube, réalisé par Ernie Barbarash et sorti directement en VOD en 2004. Eric Whynn travaille pour le labyrinthe de cubes et, de ce que l’on peut comprendre, il surveille principalement à l’aide de nombreux écrans, les gens enfermés dans le labyrinthe. Le film s’inscrit dans une société futuriste, totalitaire où le labyrinthe sert à punir les criminels. Une prison alternative à la peine de mort donc. Un jour, une femme est enfermée et Eric Whynn se met en tête de la sauver parce qu’il la trouve… belle ? Certes il finit par découvrir qu’elle est enfermée là parce que c’est une opposante politique, ce qu’il ne trouve pas très juste (d’ailleurs, il découvre aussi ce jour-là que les personnes enfermées dans le labyrinthe ne sont ni consentantes ni des criminels…) mais, au début, il commence à chercher des informations sur cette femme uniquement parce qu’il a … flashé sur elle. Très bien. Aussi, il s’enferme lui-même dans le labyrinthe avec en tête de sauver sa belle. C’est à ce moment-là que le méchant du film, mélange de l’Agent Smith et d’Alastor Maugrey mais sans la classe de l’un ni le style travaillé de l’autre, arrive accompagné de ses deux sbires en costard. S’ensuit une scène gênante où le méchant fait des blagues et demande à ses sbires de retrouver le traître, ces derniers se mettent à taper rapidement sur des ordinateurs pendant que la caméra tourne autour d’eux et que l’on peut entendre une musique extra-diégétique qui nous fait penser à un bal moyen ageux. On a l’impression d’assister à une (très mauvaise) parodie d’un film de Jean-Pierre Jeunet. Il est inutile de s’attarder sur les nombreux défauts du film : les facilités scénaristiques, les incohérences, les mauvais effets spéciaux, le jeu des acteurs et une fin grotesque tant elle est insensée… Il n’y a pas grand-chose à sauver dans Cube Zero, si ce n’est peut-être une volonté louable d’essayer. Le réalisateur prend des risques et essaie de s’approprier le concept. Cela ne fonctionne pas mais le fait d’essayer est toujours à mettre en valeur. Au final, c’est ce qui fait de Cube Zero un film plus intéressant que son prédécesseur Hypercube, qui se réappropriait le concept sans le comprendre.

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En réalité, la saga Cube vaut le coup. Le premier opus reste très bon, un bon exemple de film sans grande envergure mais tout à fait réussi et malgré deux derniers opus très mauvais, les trois films restent divertissants et il n’est jamais désagréable de les regarder. Néanmoins, il ne faut s’attendre à rien et allumer la télé sans envie, sans volonté particulière parce que vous ne rirez jamais, vous n’aurez pas peur, vous ne serez pas éblouis, tout au plus le temps passera agréablement et vous serez dégoutés devant le gore des pièges.

Marine Mbl

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