Top 10 spécial confinement au cinéma

Voici dix films dont le confinement est bien plus difficile à vivre que le vôtre. Pas (tous) des huis clos à proprement parler, mais des films dans lesquels l’enfermement nous a marqué.

 

10 – Seule dans la nuit, de Terrence Young (1967)

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Film méconnu de la très prolifique Audrey Hepburn, Seule dans la nuit raconte l’histoire d’une femme aveugle, incarnée par Hepburn, dont le mari cache une poupée remplie d’héroïne que des gangsters tentent de lui dérober. Seuls dans l’appartement avec elle, ils décident de la terroriser dans l’espoir qu’elle les aide. Mais Audrey est bien plus maligne que cela. Adapté d’une pièce de théâtre, le film en respecte l’unité de lieu et met en scène un combat dantesque entre une aveugle retorse et des gangsters inventifs, alors que tout semble perdu d’avance. La demoiselle connaît bien son lieu de vie et se sert du décor pour venir à bout de ses assaillants. Seule dans la nuit est un huis clos sans prétention, qui fait la part belle à une femme intelligente, rusée, qui retourne l’enfermement à son avantage. Le film le plus féministe de cette liste.

Lien streaming légal (Canal VOD) : https://vod.canalplus.com/cinema/seule-dans-la-nuit/h/1499417_40099

 

9 – Cube, de Vincenzo Natali (1997)

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Signé Vincenzo Natali, ce film fait figure d’OVNI. On y suit un groupe de personnes qui se réveillent toutes prisonnières d’un cube. Après moult tentatives, elles finissent par trouver un chemin qui les mènera de cube en cube, tous ou presque équipés de pièges mortels, dans l’espoir de trouver une sortie. Un mélange habile de Saw et Imitation Game, où les mathématiques semblent être la clef pour survivre, mais qui dissèque également les conséquences du confinement sur les rapports humains. Suivi d’une suite et d’un préquel dispensables, Cube est une jolie anomalie du cinéma d’horreur.

Lien streaming légal (Amazon Prime) : https://www.primevideo.com/detail/amzn1.dv.gti.82b66c48-ed2a-a0a4-5e3b-d3adc7cc7a53?ie=UTF8&linkCode=xm2&tag=just03b-21

 

8 – Saw, de James Wan (2004)

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James Wan, s’il est parfois égaré du côté obscur de la force (Fast and Furious), a toujours été un grand maître du film d’horreur. Il le prouvait dès 2004 en lançant une franchise dont le succès ne se démentirait pas, puisque nous en sommes actuellement au huitième film. Mais il n’y a que le premier opus qui ait un réel intérêt. Vous connaissez tous l’histoire : un tueur en série, Jigsaw, impose à ses victimes des choix impossibles pour mieux les torturer. Ici, deux hommes se réveillent enchaîner dans une salle de bain, l’un d’eux doit tuer l’autre pour espérer sortir vivant. Un film virtuose, n’ayons pas peur des mots, qui ménage son suspens de façon très habile et dont le twist final vaut son pesant d’or. Avant la boucherie, il y avait donc un excellent film.

 

7 – Dogville, de Lars Von Trier (2003)

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Huis clos sans en avoir l’air, Dogville est un film quasi expérimental (ne le sont ils pas tous ?) de Lars Von Trier. Expérimental car les décors ne sont représentés que par des traits sur le sol du plateau, dans un espace clos mais indistinct. On y suit une femme, Grace, qui trouve refuge dans la petite ville sans décors, et commence à éveiller les soupçons des habitants qui n’ont encore aucune idée de ce qu’elle cache. Servi par un casting rutilant, Nicole Kidman, Patricia Clarkson, Paul Bettany, Dogville est un film étrange, perturbant, qui fait tomber tous les murs mais donne pourtant une impression d’enfermement rarement égalée. Un huis clos qui ne dit pas son nom, et qui dénonce le communautarisme des « petites villes » autant qu’une forme de stigmatisation des femmes. A voir pour le final tonitruant et enflammé.

 

6 – Shining, de Stanley Kubrick (1980)

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Enfermé dans un hôtel immense, est on toujours réellement enfermé ? La question se pose, mais nous allons ici considérer que oui étant donné la qualité du film, qui n’est plus à présenter. Shining est un modèle du genre. Ici, le lieu de cloisonnement est à l’origine de l’angoisse, il est l’angoisse. Cet hôtel immense nous semble alors tout petit lorsque Johnny poursuit sa femme. Et la sensation de huis clos ne se fait que plus prégnante. Cela tient sans doute au génie de Stanley Kubrick, qui manipule le décor comme un architecte pour semer la confusion dans l’esprit du spectateur, n’hésitant pas à modifier les décors. Même à l’extérieur, la sensation d’enfermement est totale. Un coup de maître.

Lien streaming légal (La Cinétek) : https://www.lacinetek.com/fr/tous-les-films/2339-shining-vod.html

 

5 – Festen, de Thomas Vinterberg (1998)

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Film choc du danois Thomas Vinterberg, Festen est un huis clos par la force des choses. Considéré par beaucoup comme le manifeste de Dogme 95, ce mouvement cinématographique initié par Vinterberg et Lars Von Trier, le film en respecte l’une des règles fondamentales, à savoir l’unité de lieu. Il n’en reste pas moins que le film ne se contente pas de suivre la règle mais exploite ses possibilités. Dans Festen, on suit une réunion de famille qui vire au drame lorsque le fils de l’invité d’honneur fait quelques révélations chocs lors de son discours. L’enfermement devient alors un vrai supplice pour tous, qui ne se supportent plus, et les tensions vont croissantes. Un film brillant, mis en scène avec trois fois rien, mais qui dissèque les traumatismes familiaux avec une précision chirurgicale. 

Lien streaming légal (La Cinétek) : https://www.lacinetek.com/fr/tous-les-films/3227-festen-vod.html

 

4 – Funny Games, de Michael Haneke (1997)

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On apprécie ou pas Michael Haneke et sa mise en scène glaciale, mais il reste l’un des réalisateurs le plus talentueux quand il s’agit de créer le malaise. Dans Funny Games, une famille laisse deux inconnus s’introduire dans leur vie, et dans leur maison, mais ne tardent pas à le regretter. Un film hautement cynique (cf son titre), froid, qui se sert dans l’enfermement de ces protagonistes pour détrousser un lieu qu’ils chérissaient autrefois. Le foyer semble être ici la métaphore de la vie de ses occupants, dans laquelle l’inconnu entre en force et chamboule tout. Ce lieu qui leur était autrefois si familier devient le théâtre de leur pire cauchemar. Funny Games est un conte barbare, profondément triste, mais redoutablement efficace. A voir pour la scène de la télécommande.

Lien streaming légal (La Cinétek) : https://www.lacinetek.com/fr/tous-les-films/3111-funny-games-vod.html

 

3 – Misery, de Rob Reiner (1990)

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Deuxième adaptation de Stephen King de ce top, Misery raconte l’histoire d’un auteur de roman à succès victime d’un accident de voiture dans une bourgade enneigée du grand ouest américain. Il est miraculeusement sauvé par une infirmière, qui s’avère aussi être une fan incontestée des livres de l’auteur. Alité après son accident et bloqué par la neige, l’auteur découvre vite que la gentille infirmière n’a de sympathique que l’apparence. Misery est un huis clos d’affrontement, où James Caan fait face à la grande Kathy Bates, auréolée de l’Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle de tortionnaire souriante, fait extrêmement rare pour un film « d’épouvante ». Et pour cause, sa prestation est tout simplement époustouflante. Un huis clos terrifiant donc, au suspens constant et diablement maîtrisé, qui signe quelques scènes d’anthologie (notamment celle inoubliable de la masse).

Lien streaming légal (Canal VOD) : https://vod.canalplus.com/cinema/misery/h/788586_40099

 

2- Douze Hommes en colère, de Sidney Lumet (1957)

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Chef d’oeuvre du grand Sidney Lumet, Douze Hommes en colère reste à ce jour l’un des plus grands films judiciaires qui ait été réalisé. On y suit douze hommes donc, douze jurés, qui doivent décider de condamner ou non un homme à la peine de mort. Ici, l’enfermement n’est pas tant physique que psychologique, car les jurés tiennent littéralement la vie d’un homme entre leurs mains. Prisonnier de cette salle exigüe, ils doivent pourtant trancher, sans jamais avoir de certitude. La mise en scène virtuose de Lumet ne fait que souligner le sentiment pesant que font s’abattre les murs sur les membres du jury. Douze Hommes en colère est un sommet de cinéma autant qu’un huis clos de génie.

Lien streaming légal (Rakuten TV) : https://rakuten.tv/fr/movies/12-hommes-en-colere

 

1 – Fenêtre sur cour, d’Alfred Hitchcock (1954)

Fenetre_sur_courComment ne pas terminer par Hitchcock, qui réussit dans Fenêtre sur cour à inventer le thriller de canapé ? Porté par l’incroyable duo James Stewart/Grace Kelly, Fenêtre sur cour raconte l’histoire d’un photographe de presse qui se retrouve coincé chez lui suite à un accident. Pour tromper l’ennui, il observe ses voisins d’en face et commence à soupçonner l’un d’eux d’un terrible crime. A l’aide de sa petite-amie, il mène l’enquête. Un huis clos mis en scène de façon magistrale par Hitchcock qui exploite toutes les possibilités d’un décor minimaliste, notamment les fenêtres, et concocte un film angoissant au possible. Fenêtre sur cour est un véritable modèle du genre, souvent imité mais jamais égalé, qui ménage son suspens jusqu’au bout et comporte quelques uns des moments les plus tendus de la filmographie d’Hitchcock. Quand confinement et paranoïa se mêlent.

Lien streaming légal (My TF1 VOD) : https://mytf1vod.tf1.fr/films/media-21555

Mathias Chouvier

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