Top 10 des meilleurs films 2019 par les membres de Salles Obscures

10 – Une Vie cachée, de Terrence Malick

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Retour de l’acclamé Terrence Malick au firmament et avec un scénario cette fois-ci. Reparti bredouille à Cannes, Une Vie cachée est pourtant ce que Malick a fait de mieux depuis Song to song. Il narre ici l’histoire d’un objecteur de conscience autrichien qui jusqu’au bout n’aura pas cédé aux sirènes du nazisme, au prix de sa propre vie. Un film poignant et courageux, porté par la sublime BO de James Newton Howard (injustement snobée aux Oscars) et les performances habitées de Valerie Pachner et August Diehl. Malick saisit enfin la figure christique qu’il tentait de dessiner depuis bientôt quatre décennies, un achèvement sublime pour le plus discret des génies du cinéma.

 

9 – Marriage Story de Noah Baumbach

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Kramer contre Kramer version 2019. Signé Noah Baumbach pour Netflix, Marriage Story met en scène Scarlett Johansson et Adam Driver dans un face à face tendrement déchirant, sur la fin amère d’une union heureuse. Jamais pessimiste, le film observe de façon quasi organique les relations se nouer et se défaire, ne portant jamais de regard accusateur sur ses personnages. Le tout servi par deux acteurs au sommet de leur art, qui sacralisent l’affrontement comme ils encensent l’amour, assistés d’une Laura Dern plus mordante que jamais (et bien partie pour l’Oscar du meilleur second rôle). Un film habité.

 

8 – Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

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Sensation du dernier Festival de Cannes, le film de Céline Sciamma y avait d’ailleurs remporté, assez étrangement, le prix du meilleur scénario. On y suit une peintre invitée à faire le portrait d’une jeune femme pour l’envoyer à son futur mari. Le film brille surtout par sa mise en scène léchée, son utilisation parcimonieuse de la musique et l’interprétation impeccable de ses deux actrices, Noémie Merlant et Adèle Haenel, toutes deux sublimes dans cette cour sensuelle et charnelle. Un très beau film sur l’émancipation des femmes, dont le propos semble encore et toujours malheureusement d’actualité.

 

7 – Le Chant du Loup d’Antonin Baudry

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Surprise française de 2019, Le Chant du Loup met en scène le très bankable François Civil dans le rôle d’un interprète sonore de l’armée française. A bord d’un sous-marin lanceur d’ogives, sa mission revêt une importance capitale alors que la menace nucléaire se fait plus présente que jamais. Suspens parfaitement maîtrisé, sens du rythme et réalisation haletante font du Chant du Loup une véritable réussite dans un genre où le cinéma français ne s’aventure que très peu. Le tout porté par un casting au diapason mais surtout un travail sonore considérable et d’une grande finesse qui créent une ambiance unique en son genre. A voir en salles absolument.

 

6 – Midsommar d’Ari Aster

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Ari Aster est le nouveau prince du cinéma de genre. Il le prouve encore une fois avec Midsommar, merveille du cinéma d’horreur, qui prend le parti audacieux de faire peur en plein jour. On y suit un groupe de jeunes américains partis assister à un festival en Suède. Le film s’émancipe des codes du genre pour créer une ambiance délicieusement malsaine au pays où le soleil ne se couche jamais et instille la psychose dans les personnages qui naviguent entre conscience et abandon. Ari Aster construit surtout un personnage principal fort, complexe, marqué, et courageusement interprété par Florence Pugh. Mention spéciale à la scène d’introduction, l’une des meilleures de cette décennie.

 

5 – La Favorite de Yorgos Lanthimos

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Véritable anomalie dans le paysage cinématographique actuel, le réalisateur grec signe avec La Favorite un nouveau chef-d’œuvre lancinant. Le long-métrage explore les relations tordues qu’entretient la reine de Grande-Bretagne, Anne (interprétée par la brillante Olivia Colman), avec Sarah Churchill (Rachel Weisz), duchesse de Malborough, lorsque la cousine de cette dernière, Abigail Hill (Emma Stone) arrive à la Cour. Comédie grinçante portée par un casting hors du commun, La Favorite est un mélange douloureux et brillant d’humour noir, de cadres subliment glauques et de situations délicieusement absurdes. Un très grand film qui confirme encore le génie de Lanthimos.

 

4 – Les Misérables de Ladj Ly

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Long-métrage surprise de cette fin d’année, Les Misérables est une expérience choc, un film « coup de poing » qui nous plonge sans artifice et avec brutalité dans l’enfer sous-jacent du quotidien des agents de la BAC et de la jeunesse des cités. Etouffant de violence, Les Misérables est une critique virulente et à peine voilée de certaines politiques sociétales mais se garde bien de juger les hommes et femmes sur le terrain. La puissance de jeu des acteurs couplée à la réalisation féroce nous livrent une œuvre à couper le souffle.

 

3 – Joker de Todd Phillips

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Peut-être le film qui a le plus marqué le grand public cette année, Joker est un anti-film de super-héros, une œuvre finalement intimiste qui nous décrit la naissance de l’un des personnages les plus iconiques des comics. Avec un Joaquin Phoenix dantesque, Joker prend à la gorge, plonge le spectateur dans un malaise et mal-être profond. Au diapason des revendications politiques et sociales contemporaine, le film veut dépasser son matériau originel et devenir une œuvre universelle. Parce qu’un Arthur Fleck sommeille peut-être en chacun de nous et parce qu’on ne peut s’empêcher d’exulter devant le triomphe du Joker…

 

2 – Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino

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Icône incontournable des cinéphiles, Tarantino revient avec une nouvelle uchronie qui toutefois détonne dans sa filmographie. Ode ou déclaration d’amour aux années 1960, au Flower Power et à la naissance du Nouvel Hollywood, le long-métrage est une fresque titanesque, un portrait en creux truffé de références cinématographiques avec des répliques et scènes déjà cultes. Si le film livre quelques moments complètement tarantinoesques, il est d’une douceur et d’une bienveillance surprenantes envers ses protagonistes. Porté par un duo de légendes vivantes, Once Upon a Time… in Hollywood est un très grand moment de cinéma, un excellent et étonnant Tarantino : une pure merveille.

 

1 – Parasite de Bong Joon-ho

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Sans surprise mais avec mérite, la palme d’or du Festival de Cannes remporte également la palme des membres de Salles Obscures (infiniment plus précieuse). Plus grand succès pour un film sud-coréen en France, Parasite est une sombre comédie de mœurs. La réalisation ciselée du déjà acclamé Bong Joon-Ho souligne l’ambiance poisseuse et malsaine de la demeure de la famille Park. Situations affreusement burlesques, dialogues grinçants et éclairages glauques mènent avec une grâce infernale vers l’explosion ultime. Indubitablement le meilleur film de 2019, sans doute l’un des meilleurs films de la décennie, Parasite peut être qualifié de chef-d’œuvre du cinéma moderne.

 

La Rédaction de Salles Obscures

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