Le Mans 66 : pas grand chose sous le capot

Un film sur les 24h du Mans, mené par Christian Bale et Matt Damon, c’est forcément nerveux, brusque, agressif. C’est dans ce mood (comme diraient les meilleurs influenceuses) que je m’installe confortablement, pensant passer un bon moment.

Et pourtant.

Deux heures et demie s’écoulent et je sors du cinéma, crevé (comme les pneus de la voiture), peu convaincu et surtout ennuyé. En rentrant chez moi, je vais de ce pas regarder les notes du film sur Metacritic. 80 points sur 100. Le film plait. Et c’est là que je réalise : enfin un film qui plait et que j’ai envie de critiquer.

Christian Bale campe donc Ken Miles un garagiste-père-de-famille-pilote (un américain somme toute lambda), asocial, qui essaie de joindre les bouts. Bien sûr, il est très talentueux, infaillible même, un petit peu trop parfait par moment tout de même. Et il passera tout le film à vous le faire savoir, manifestant son dégoût pour les voitures de moins de trois mille chevaux. Il est accompagné dans tout le film par son fils de dix ans aka le moment relation père-fils sur une piste de course suivi d’une blague tire sur mon doigt. Apparemment il est chômeur, puisque qu’il passe toutes ses journées dans un aérodrome à voir son père claquer des burns sur le tarmac.

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Ken Miles, veut mettre sa famille à l’abri après la saisie de son garage et ne veut plus courir dans des voitures de course, l’instant « c’est pas ma guerre » comme on dit dans le milieu. Bref, cinq minutes de discussions, un peu d’argent et une voiture suffiront à le convaincre de revenir. Crise de la quarantaine classique en quelque sorte.

De son côté, Matt Damon joue Carroll Shelby, un entrepreneur-ancien-pilote-mais-maintenant-qui-a-des-poblèmes-de-santé qui doit relever le défi lancé par Henry Ford II : gagner les 24 heures du Mans dans une voiture Ford. Et c’est avec le charisme d’une truite surgelée qu’il va composer une écurie pour essayer de gagner les 24 heures du Mans. Il est régulièrement mis en difficulté par un cadre de Ford qui veut le faire échouer, rien de bien passionnant.

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La tension du film ne décolle pas une seule fois. Matt Damon est apathique et Christian Bale n’arrive pas à le réveiller. Les « méchants » introduits ne sont absolument pas convaincants et seules les scènes de course parviennent à me désengourdir. L’on y sent toute la nervosité des moteurs et la fragilité de l’ensemble. Le travail sur le son est d’ailleurs très réussi.

Malheureusement, tout le reste du film est plat, vide, sans le moindre intérêt pendant au moins une heure trente.  Le problème est que l’enrobage à l’américaine est raté. L’on retrouve toujours les mêmes codes qui, cette fois-ci, m’ont fait saturer. Entre la quasi-diabolisation du constructeur italien à la limite du mafieux et les commerciaux véreux de Ford, il n’y aucune finesse et aucun relief dans le traitement des personnages. Les dialogues sont téléphonés et même Christian Bale est ultra-stéréotypé en espèce de bête sauvage à la the Rock dans Fast and Furious. Ce film ne prend aucun risque et ça se sent.

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Le diesel n’a finalement jamais démarré. Petite dédicace au pilote italien qui se prend une carapace bleue sur un des derniers tours du circuit du Mans : nous sommes tous passés par là.

En guise de conclusion, permettez-moi de rappeler les mots du vénérable Soolking qui résument à merveille ce film : « Vroom vroom ».

 

Pierre-Olivier

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