Comment réussir son entretien avec SO ?

Voici le top des techniques pour réussir son entretien avec Salles Obscures, ces gens bizarres sans local fixe et aux goûts étranges (mais qui sont gentils tout de même).

 

Numéro 1 : Être anti-mainstream

Tous les films qui ont fait plus de 100 millions de recettes au box office sont juste des blockbusters décérébrés américano-capitalistes à la réa fade et au propos absent. Avatar est un remake tellement overrated de Pocahontas et Marvel et DC sont juste des pompes à fric. En réalité tu as kiffé Avengers et tu chiales devant Titanic. Comme moi. Comme nous tous en fait. Mais chut. Toi ton truc c’est le dernier drame israélo-franco-turc qui est en fait un plan fixe de 3h34 sur un homme qui pleure parce qu’après tout c’est ça la vraie nature fragile de l’humanité. Et qui a fait 341 entrées en cinq semaines ?

 

Numéro 2 : Ne jamais être d’accord avec ton interlocuteur

Le cinéma c’est avant tout des goûts, des ressentis différents, des émotions que chacun perçoit d’une manière unique… Et je suis désolé de t’interrompre mais je ne suis pas du tout d’accord avec ce postulat. Franchement il y a des critères objectifs pour juger un film. Prends Blade Runner par exemple. Tu ne peux pas dire que… Alors je suis désolé mais Blade Runner c’est vraiment le pire exemple attends : il n’y a pas plus personnel que Blade Runner. Chacun s’approprie le film comme… Non mais attends comme oses-tu dire ça ? Et même si… Enfin… Mais… 

Bref : CONTREDIS. 

Numéro 3 : on ne parle pas d’acteurs mais de réalisateurs

Pour toi Le Loup de Wall Street est égal à DiCaprio, Intouchables c’est Omar Sy et Requiem For A Dream t’a fait tomber amoureux.euse de Jared Leto. Sauf que le vrai cinéphile, le gaucho-macroniste fumeur de roulées qui passent ses journées à se claquer les yeux devant un écran à la cinémathèque, lui il parle en réalisateur (en réal même). Donc au placard les Al Pacino, De Niro et autre Brad Pitt : on parle de De Palma, Cimino ou Fincher. Tu sais pas qui c’est et t’as peur de parler de ceux que tu ne connais pas ? N’aie crainte voilà l’astuce numéro 4 : 

 

Numéro 4 : la science du name dropping

Un vrai cinéphile est un dictionnaire de noms propres. Alors normalement pour l’acquérir ce dico, il faut en bouffer des films. Sauf que là on n’a pas le temps. T’as deux ds qui arrivent cette semaine, tu galères à faire ces TD de strat et l’anglais qui te sauvait l’année dernière te fait saigner par des trous que tu pensais pas que c’était possible. Donc tu vas sur wikipédia et tu chopes les noms les plus tordus du cinéma game. 

Tarantino ? Classique. Scorsese ? Banal. Spielberg ? Pfff dépassé. Balance du Lars Van Trier, du Herzog, du Harmony Korine, du Dario Argento. Saupoudre ça de quelques titres de longs métrages que tu auras appris au dernier moment et tous les autres te regarderont comme les Assassiens regardent Gohin : presque comme un dieu. 

 

Numéro 5 : Privilégie le cinéma français et méprise les Américains

On rejoint un peu la technique numéro 1, mais globalement le cinéma américain c’est quoi à part des produits marketés à gros budget et dont l’absence de personnalité est compensée à coups d’effet spéciaux mal fichus ? (Parce qu’on vienne pas me dire que Black Panther était bien fait). Alors que nous en France on a des vrais films, de vraies œuvres, de vrais auteurs : Alad’2, A Bras Ouverts, Les Visiteurs 3, Happy End… Des chefs d’oeuvre. 

Ah oui et dis que tu aimes Park Chan Wook. 

 

Numéro 6 : Choisis tes festivals

Tous les ans, les plus gros melons de la planète se réunissent pour s’attribuer des récompenses entre eux et se caresser dans le sens du poil. Pour nous, c’est cool. Ça nous donne une chance d’apercevoir dans la même pièce Natalie Portman, Mila Kunis, Scarlett Johansson et Sophie Turner. Mais le véritable cinéphile évite ce genre de gentrification contigüe et applique ce credo : si Cannes est à proscrire, Montreux et Deauville sont à honnir. La Mostra tu vénéreras et Berlin tu… Berlin tu vas kiffer.

 

Numéro 7 : Ne pas regarder Netflix

Netflix c’est cool. Non vraiment Netflix c’est cool. Ça permet de regarder des films régulièrement, où que tu ailles et si c’est suivi de chill c’est encore mieux. Certes le catalogue est limité mais en fouillant bien tu peux tomber sur des pépites. Toutefois, Netflix pour les amateurs du septième art c’est moins cool. Parce que ok tu peux mater les quatre saisons de Sherlock sur le site (et mon Dieu que cette série est géniale) mais d’un autre côté on parle de ceux qui ont produit et donc financé et donc approuvé la réalisation de Death Note, de I Feel Pretty et de Bleach (qu’est ce que les mangas vous ont fait putain ?). Donc Netflix c’est pas cool, c’est méchant, c’est vilain (même si ça a aussi produit Annihilation, Okja, Roma, Dark, Devilman Crybaby…).

 

Numéro 8 : Ne panique pas si on évoque des gens que tu ne connais pas (et n’espère pas trop)

Si tu as eu le courage d’arriver jusqu’à cette étape c’est que tu es vraiment intéréssé par Salles Obscures (ou que t’as préféré perdre du temps sur Facebook plutôt que de réviser ton pénal). Alors tu as sans doute déjà entendu parler d’un génial Paul, d’un encore plus légendaire Pierre-Alexis, d’une envoûtante Marine, d’une adorable Philippine, d’un footix nommé Duncan ou si tu es vraiment déjà un intime d’un superbe Timothée. Mais tu ne les as jamais vus. Et pourtant pour entrer dans une asso il faut connaître tout le monde on m’a dit. Ne t’en fais pas. Salles Obscures est une immense famille (incestueuse) dont personne ne connaît véritablement toutes les ramifications et si tu es arrivé.e jusqu’ici, je suis certain que tu auras la chance de rencontrer ces personnes merveilleuses un jour. 

Perso j’attends toujours d’apercevoir Louis Salord. 

 

Numéro 9 : bois pour oublier tout ce que tu viens de lire 

Voilà. C’étaient quelques petits conseils (déplorables) pour toi qui avais envie de rencontrer Salles Obscures (les autres vous avez probablement déjà quitté la page). J’espère qu’on se verra en entretien même s’il y a peu de chance parce qu’en fait j’ai redoublé ma L1 à cause des conférences de méthode. Bisous depuis les Seychelles.   

 

Timothée Wallut, M. Blog paraît-il (il est pas inutile ok ?!)

 

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