Que vaut la nouvelle série Netflix Marianne ?

Cela fait déjà plusieurs mois que Netflix nous assaille de publicités, affiches et bande-annonces pour le lancement de leur nouvelle série : Marianne. La proposition est alléchante et tient en deux mots : horreur et français. C’est donc la promesse d’un renouveau dans notre paysage cinématographique et surtout de renouveau dans le genre du cinéma d’horreur, genre laissé à l’abandon.

Toutefois, cela fait quelques jours que Marianne est sortie sur la plateforme et la déception est au rendez-vous.

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Marianne raconte les aventures d’une jeune écrivain Emma dont les romans d’horreurs se mettent à exister dans la vraie vie.

En terme de scènes d’horreurs pures, le réalisateur Samuel Bodin nous offre de très bons moments. Suspens, mise en scène, petits détails glauques et personnages effrayants répondent tous « présent » et petit à petit, on comprend qu’il va être difficile de réussir à s’endormir la nuit. Il est toutefois dommage que la série n’évite pas l’écueil de tous les clichés du genre horrifique : vieux qui se baladent nus, écrivain ivrogne, possession, exorcisme, sorcières, grimoires magiques, formules latines, prêtre méchant et même planche ouija.

Le problème, chez Marianne, est que les scènes d’horreurs (environ deux par épisodes) sont les seules choses qui vont bien.

Pour le reste, on se demande comment et pourquoi.

Parlons tout d’abord des acteurs et particulièrement de l’actrice principale Victoire Du Bois, sorte de Kristen Stewart raté, dont le jeu nous laisse stupéfait. Tout sonne faux : ses intonations, ses expressions, ses émotions. On a l’impression de regarder petits secrets entre voisins. Le reste du casting ne brille pas non plus et la seule actrice qui sauve ce naufrage est Mireille Herbstmeyer en Marianne glaçante et cauchemardesque.

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L’excellente Mireille Herbstmeyer

Il faut dire qu’il parait difficile d’en vouloir aux acteurs. Déjà, l’écriture des personnages est à revoir, surtout pour la jeune Emma : langage de « djeuns » (à 30 ans, appeler ses parents « les darons » sur son téléphone, c’est très fort), look emo-gothique et attitude d’ado prépubère qui n’aime personne, qui nique la société et ses parents mais qui pleure le soir parce que personne ne l’aime et que la vie est trop difficile.

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Le personnage d’Emma, porté par Victoire Du Bois

En plus de cela, les dialogues sont très mauvais. Entre la photographie un peu trop soignée pour même être qualifiée de belle et les dialogues, on a parfois l’impression de regarder un court-métrage de youtubeurs dont on ne citera pas les noms (petite mention spéciale aux scènes avec l’Inspecteur Renan, qu’il discute avec le prêtre ou avec son ami antiquaire). C’est normalement le travail du réalisateur de s’assurer que ses acteurs font correctement le travail et c’est à lui de leur donner des indications pour qu’ils changent ce qui ne va pas. Il est donc malheureux d’en voir ce à quoi la jeune Victoire Du Bois en est réduit, elle que l’on avait vue dans Call Me By Your Name aux côtés de Timothée Chalamet et Armie Hammer.

Le plus gros problème de la série est donc son écriture : celle les personnages, des dialogues et surtout du rythme ! Marianne alterne scènes d’horreurs bien faites et scènes de « repos » qui, au final, sont bien plus terrifiantes que les moments de peur pure. Terrifiantes tant elles sont indignes d’une série dont le budget est aussi conséquent. Petite musique digne d’un épisode de scooby-doo, blagues pas drôles, dialogues gênants… On ne nous épargne rien ! Il est évident qu’une série d’horreurs ne peut faire de l’horreur tout le temps et est obligée de nous accorder des instants de répits mais ces derniers sont tout simplement ratés.

Enfin, le montage! Ce dernier est trop rapide à des moments malvenus et très incohérent. Souvent, les personnages sont en train de parler et hop, cut! Vous ne connaîtrez jamais la suite de la phrase.

On n’oubliera pas non plus les transitions « livres » avec des pages qui se tournent et des chapitres parce-que oui, la série porte sur une écrivaine. Subtil non ?

Finalement, Marianne est un mélange entre Conjuring et Plus belle la vie. Bien que l’on ne puisse l’ignorer tant une série d’horreur renouvelle le paysage du cinéma français, il est vraiment dommage de se retrouver face à une série de si piètre qualité. La prochaine fois, peut-être faudra-t-il donner le travail à une Julia Ducournau ou un Pascal Laugier.

2M

 

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