Mindhunter (Saison 2) : une suite magistrale

Si la saison 1 (déjà produite et partiellement réalisée par David Fincher) était une franche réussite, Mindhunter parvient à passer le cap de la deuxième saison avec brio, égalant en terme de qualité sa première fournée, voire surpassant ses débuts.

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On suit toujours le duo Bill Tench/Holden Ford, accompagné de la psychologue Wendy Carr, qui reprend les entretiens de serial killer pour en compiler les données et créer ce qui deviendra l’Unité des Sciences Comportementales du FBI. Si la saison 1 suivait les balbutiements de cette unité, l’arrivée en saison 2 d’un nouveau boss bouscule nos personnages et accélère les entretiens. En parallèle, l’équipe est envoyée sur le terrain pour mettre en pratique ce qui constitue les débuts du profilage, en enquêtant sur de nombreux meurtres d’enfants noirs dans les environs d’Atlanta. On suit aussi plus en profondeur, mais par bribes, la vie personnelle des trois agents qui sont chacun secoués par différents traumatismes.

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La série prend donc le risque, en saison 2, d’approfondir la psychologie de ses personnages aussi, plutôt que de se concentrer sur les tueurs en série qui en sont l’objet. Et le pari s’avère gagnant puisqu’il est intéressant de comprendre comment ses entretiens affectent chacun des protagonistes, entre cloisonnement et empiètement sur leur vie privée. Quand l’agent Tench voit sa famille mêlée de très près à un meurtre sordide, quand l’agent Ford se brûle les ailes en s’impliquant trop ou quand le docteur Carr fait passer sa mission avant tout le reste. Dans ces moments-là, il est captivant de voir la réaction de chacun face à ses propres erreurs, eux qui passent leur journée à tenter de comprendre celles des autres. Et même si les intrigues secondaires ne sont pas toujours des plus passionnantes (on pense aux crises de panique d’Holden ou à la relation naissante du docteur Carr), Mindhunter a l’intelligence de toujours les connecter à la mission du trio, pour montrer à quel point celle-ci leur colle à la peau.

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La série excelle en revanche dans son domaine de prédilection : les entretiens avec les tueurs. On peut découvrir dans cette nouvelle fournée des tueurs comme Le Fils de Sam, ou encore Charles Manson (qui n’a techniquement tué personne). Rarement on aura vu une série aussi bavarde être aussi passionnante. L’intelligence de l’écriture fait que des interrogatoires où les personnages se contentent de discuter deviennent des sommets de suspens et tout simplement palpitants. Les dialogues ciselés et parfaitement maîtrisés imposent leur rythme cavalier qui ne laisse pas de place à l’ennui. Tous les entretiens sont donc passionnants et glaçants à la fois. La série a aussi eu le flair de mettre d’ores et déjà les techniques de l’équipe en pratique, et s’est pour cela servi d’une enquête controversée sur des meurtres d’enfants à Atlanta, aussi frustrante que captivante. En évitant le sensationnalisme, la série saisit parfaitement l’essence de ce qu’était une enquête à l’époque, tout en brassant des motifs aussi riches que variés, tels le racisme dans le sud des Etats-Unis et ses conséquences dans une enquête de la sorte.

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Comme en saison 1, la réalisation est toujours de grande qualité, digne du grand écran et la partition musicale toujours aussi glaçante. L’intégralité du casting fait montre d’un grand talent, Jonathan Groff en tête qui après son apparition dans Glee trouve enfin un rôle à sa hauteur. Mention spéciale à Damon Herriman, dont la prestation en Charles Manson est bluffante de mimétisme.

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Mindhunter peut aussi se vanter d’avoir réussi à instaurer une atmosphère particulièrement pesante et angoissante sans jamais tomber dans la démonstration gore et tape à l’oeil. Alors qu’elle pourrait montrer l’horreur de ce que livrent les tueurs, la série se contente de le leur faire dire pour mieux nous glacer le sang. Elle distille ça et là quelques rares images de cadavres, dont la brièveté nous laisse croire que le vrai propos est ailleurs. C’est l’esprit qui l’emporte sur la matière, autant celui des victimes que celui qui se cache derrière ces meurtres abjectes. Et c’est tout cela qui fait de Mindhunter l’étude des tueurs en série la plus réussie du petit écran.

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