Top 9 des films sur la guerre du Vietnam

Thématique largement exploitée au cinéma, la guerre du Vietnam a fait l’objet de nombreux monuments du septième art, dont le chef de file ressort dans les salles le 21 août prochain en final cut 4K Ultra HD. Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, initialement sorti en 1979, est incontestablement la réalisation phare de cette période armée, un film de guerre mêlant psychologie, éthique, violence et discours de contestation politique en arrière-plan. Une approche en raccord total avec une époque de contradictions : sous couvert du respect des droits et libertés de chacun, on justifiait l’usage de la violence et du fameux napalm (on repense à la réplique mythique de Robert Duvall, « I love the smell of napalm in the morning »). L’occasion rêvée, pour l’humble cinéphile que je suis, de vous soumettre une petite sélection personnelle des pépites du genre.

 

9. Diên Biên Phu, Pierre Schoendoerffer (1992)

DIA-91-300-789

Si on a tendance à retenir en majorité des réalisations anglophones, se focalisant par définition sur l’action de l’armée américaine, il ne faut pas oublier pour autant que la France eut un rôle majeur dans la guerre contre le Viêt-Minh. Production française, Diên Biên Phu relate l’échec militaire de la bataille de Diên Biên Phu et la défaite de l’armée française le 7 mai 1954 sur le territoire vietnamien. S’inspirant de cet épisode historique, le film repose sur les quelques mois précédant la mise en place de l’opération Castor avant le véritable fiasco de la plaine de Diên Biên Phu, un site en forme de cuvette qui assurera la victoire des indépendantistes vietnamiens et le lent déclin de la domination française en Indochine. Un journaliste américain se rend sur place afin de recueillir le maximum d’informations auprès des soldats français concernant l’avancée du conflit. Une réalisation au style relativement documentaire et entièrement cocorico (le seul de cette sélection).

 

8. Nous étions soldats, Randall Wallace (2002)

78820856

Nous étions soldats est un film comme seuls les Américains pourraient le faire (ironie proscrite) : patriotique à souhait, faisant la part belle à la famille, ainsi qu’une figure héroïque au travers du personnage principal, le lieutenant colonel Hal Moore (Mel Gibson, figure ô combien représentative du héros américain). Après le retrait des troupes françaises (en écho au film précédent de ce top), les Etats-Unis s’imposent progressivement au Vietnam à partir de 1954. En 1965, Hal Moore est envoyé au front avec les recrues qu’il a formées et sera parachuté dans la vallée du Drang, région montagneuse du centre du Vietnam. Nous étions soldats ressemble en plusieurs points à Diên Biên Phu : c’est le récit d’une action militaire qui se solderait par un échec stratégique cuisant si ce n’était le génie du lieutenant colonel « Mel Gisbonesque » qui tentera par tous les moyens de sauver les meubles face à une situation désespérée. Un film purement américain donc, assez peu critique du conflit, ce qui, on va le voir, n’a pas été l’approche d’autres cinéastes comme Oliver Stone ou Stanley Kubrick.

 

7. Né un 4 juillet, Oliver Stone (1989)

ne-un-4-juillet-photo-tom-cruise-968983

Inspiré d’une histoire vraie, c’est le portrait d’un homme détruit que dresse Oliver Stone dans Né un 4 juillet. Interprété par l’incontournable Tom Cruise, Ron Kovic est un jeune américain au patriotisme exacerbé qui, en accord avec ses convictions, s’engage avec fierté pour le Vietnam. Blessé sur au combat, Kovic devient paraplégique puis est rapatrié aux Etats-Unis. Ce qui est intéressant avec Né un 4 juillet, c’est le revirement idéologique total d’homme qui passera du tout au tout, du patriotique invétéré à l’une des figures contestatrices phares de la guerre du Vietnam. C’est également un film qui, en parallèle de sujets politiques, présente le combat d’un homme dans sa reconstruction, tant physique que psychologique (cf les scènes à l’hôpital où les héros de guerre sont totalement aliénés). Ron Kovic représente à lui seul le paradoxe de la société américaine à l’époque : gagner la guerre contre le communisme, oui, mais à quel prix ?

 

6. Forrest Gump, Robert Zemeckis (1994)

376705

Quand bien même le film ne porte pas entièrement sur la guerre du Vietnam, le chef-d’œuvre de Robert Zemeckis offre certaines des séquences les plus mémorables sur le sujet. Forrest Gump, la définition du « simplet » de service (superbement incarné par Tom Hanks), est envoyé comme beaucoup d’hommes au Vietnam grossir les rangs des troupes américaines. Cependant, là où son handicap mental aurait été susceptible de le rendre plus vulnérable sur le front, il devient une réelle force qui permettra à Forrest de non seulement en sortir vivant mais aussi de sauver ses compagnons de combat, acte de bravoure qui lui vaudra de nombreuses récompenses lors de son retour aux Etats-Unis. Une approche plus « poétique » du conflit où les vrais héros ne sont pas ceux qui suppriment le plus de vies, mais ceux qui les sauvegardent.

 

5. Platoon, Oliver Stone (1987)

platoon-france-5-pourquoi-le-film-d-oliver-stone-est-culte-video

Pièce de la trilogie du Vietnam d’Oliver Stone (on a déjà mentionné Né un 4 juillet et on verra dans la suite de la sélection le dernier opus), Platoon reste l’unes des réalisations clés du « problème vietnamien ». Une apothéose de violence, du napalm dans les palmiers, des hommes poussés à bout qui ne font plus aucune distinction entre ce qui fait d’eux des hommes ou des bêtes… Oliver Stone fait ici entendre sa voix d’ancien soldat : il a effet combattu au Vietnam et en est rentré avec un profond dégoût à l’égard du gouvernement des Etats-Unis. Une aversion qui transparaît dans ses films, tout particulièrement dans ce premier volet de sa trilogie vietnamienne. Un condensé de violence donc, qui nous immisce dans le quotidien brutal des soldats américains au milieu de la jungle.

 

4. La déchirure, Roland Joffé (1985)

dechirure1

Si l’intrigue de La Déchirure ne se déroule pas directement au Vietnam, elle est fortement influencée par les événements s’y déroulant. Roland Joffé (réalisateur de The Mission) présente ici le conflit mais vu et vécu du coté des civils. Sydney Schandberg, journaliste américain envoyé au Cambodge pour couvrir le désordre politique du pays aux côtés d’autres journalistes, fait partie des derniers ressortissants occidentaux encore présents au pays. La prise de Phnom Penh par les Khmers rouges (les communistes cambodgiens) entraîne le pays dans une succession de répressions à l’encontre de tous ceux rejetant le communisme. Le film porte en grande partie sur les pérégrinations de l’interprète cambodgien de Sydney, Dith Pran, au travers des « killing fields », les champs de la mort. Un film violent encore une fois, d’autant plus qu’il porte sur une population non armée, dont la vie dépend du bon vouloir des hauts gradés militaires.

 

3. Entre ciel et terre, Oliver Stone (1994)

EntreCielEtTerre

Probablement le film le plus « romantique » de cette liste, mais attention, pas du tout dans le délire Titanic. Dernier volet de la fameuse trilogie d’Oliver Stone, Entre ciel et terre se focalise sur la vie d’une jeune vietnamienne, Le Ly Hayslip, entre montée du communisme, arrivée des troupes américaines, rencontre et départ pour les Etats-Unis avec un soldat. Un double regard pour le spectateur : la vision d’une jeune vietnamienne, victime de la situation politique de son pays qui vit d’une part le conflit sur place, au Vietnam, et d’autre part les répercussions sur les soldats une fois rentrés au bercail. Un film moins violent visuellement que les longs métrages cités précédemment mais qui n’en reste pas moins dur émotionnellement.

 

2. Full metal jacket, Stanley Kubrick (1987)

6741_backdrop_scale_1280xauto

Incontestablement l’un des films les plus emblématiques sur la thématique du Vietnam, Full metal jacket est une autre preuve du génie de Stanley Kubrick. Véritable odyssée, non pas dans l’espace, mais dans la psyché des personnages, le film porte sur la lente descente dans la folie de soldats poussés à bout par des supérieurs tyranniques. Il serait intéressant de noter que le film peut être divisé en deux parties. La première porte sur la forte pression psychologique des futurs combattant au sein des camps d’entraînement, pression psychologique qui transportera aux confins de la bestialité l’un d’entre eux. La seconde se focalise davantage sur la situation sur le terrain, les hommes face au calvaire vietnamien. Un film difficile, probablement le plus éprouvant de ce top, mais tout aussi brillant qu’il est âpre.

 

1. Apocalypse Now, Francis Ford Coppola (1979)

apocalypse-now-1200-1200-675-675-crop-000000

Pour Wagner, pour Coppola, pour son casting parfait, pour son tournage chaotique et son rendu exceptionnel. Rien à ajouter.

 

Philippine Bouilly

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s