Jinn : Le club des Cinq en Jordanie

A l’heure de la globalisation des contenus, Netflix se doit de viser un public fortement cosmopolite et multiplie donc les productions internationales. Danemark, France, Suède, Corée du Sud et désormais Jordanie avec Jinn, une série de cinq épisodes qui suit un groupe de lycéens jordaniens pris dans une guerre entre les Jinns (ou Djinns), des créatures surnaturelles de la mythologie arabe, mentionnées dans le Coran notamment. Première série en langue arabe de la plateforme, la série présentait dès le départ un interêt particulier, à savoir l’image qui serait renvoyée de la Jordanie à travers le monde. En effet, même si la série se construit sur une base fantastique, c’est aussi une certaine image de la jeunesse jordanienne qu’elle renvoie.

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A défaut de pouvoir dire s’il est fidèle, le portrait de la jeunesse jordanienne que fait le film est en somme assez classique. Les différences culturelles entre ce que l’on voit et ce que l’on a pu voir de l’Occident semblent minimes. Les jeunes jordaniens vont au lycée, ils se disputent avec leurs parents, ils ont des relations amoureuses, ils parlent de sexe (modérément), ils boivent, en bref ils vivent leur jeunesse. La série montre que la jeunesse du pays n’a pas grand chose de différent avec celle que l’on connait, et en cela elle est importante car elle permet de gommer tous les stéréotypes que l’on pouvait avoir auparavant.

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Cependant, il semble que le portrait qui en soit fait ne plaise guère au gouvernement jordanien puisque la série a déclenché une polémique dans le pays, et les autorités ont demandé l’ouverture d’une enquête pour des scènes immorales, notamment celle d’une jeune fille qui embrasse deux garçons différents à quelques épisodes d’intervalle. Ce à quoi Netflix Middle East a répondu que la série traitait de sujets universels, qui pouvaient être considérés comme provocants mais se trouvaient ici justifiés. Autre point intéressant, la série nous permet de nous familiariser avec la langue arabe (puisqu’il faut la regarder en VO, évidemment). Elle nous fait aussi découvrir la sublime cité de Petra, qui fournit un décor naturel exceptionnelle à l’histoire et participe à cette ambiance mystique plutôt soignée.

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Au delà de cet aspect culturel essentiel, la série n’a pas grand intérêt, il faut l’avouer. Les acteurs n’évitent pas les travers du « jeu lycéen », et seule l’actrice principale, Salma Malhas, se révèle particulièrement convaincante. On la suit dans le combat entre un Jinn maléfique et un plutôt bienveillant, qui a pris possession du corps d’un garçon et qu’elle aide dans sa lutte contre le mal. Définitivement manichéenne, la série souffre en plus d’un format très court qui fait que les évènements s’enchainent très rapidement sans que l’on puisse s’attacher aux personnages ou plonger véritablement dans l’histoire. Si la réalisation est plutôt soignée, bien qu’aidée par la beauté naturelle des décors, les personnages eux manquent cruellement de nuance, et la série ne s’adresse visiblement qu’à un public exclusivement pré-adolescent. L’écriture est digne d’un roman du Club des Cinq, le mystère de l’enquête en moins. Seule la fin, étrangement sombre, nous laisse espérer que la série pourra s’améliorer. Reste à voir si celle-ci pourra perdurer.

Mathias Chouvier

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