Cannes 2019 : Un palmarès en demi-teinte

Nous y sommes : la 72ème édition du Festival de Cannes se termine et vient de livrer son palmarès. Entre surprises, déceptions et satisfactions, petit retour sur la cérémonie de clôture qui vient aussi mettre fin aux aventures de nos trois envoyés spéciaux.

Mention spéciale : It Must Be Heaven de Elia Suleiman 

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Le film nous avait divisé lors de sa projection. Difficile de voir en cette mention spéciale autre chose qu’une récompense politique, pour distinguer un film qui traite de façon burlesque de la Palestine et de ses problèmes. Qu’à cela ne tienne.

Prix du scénario : Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma 

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Le film méritait un prix, c’est certain. Ceci dit, de tous ceux possibles, celui-ci semblait le moins adapté. Le scénario n’est pas d’une originalité folle, interessant et bien écrit certes, mais sans grande inventivité. Nous sommes heureux que ce film ait eu un prix, mais récompenser ses deux actrices principales ou la mise en scène (incroyable) aurait probablement été plus judicieux.

Prix de la mise en scène : Le jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne 

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Un Festival de Cannes sans récompenser les frères Dardenne ? Ce serait comme une bougie sans mèche, inconcevable. Pourtant, Dieu sait que le film a divisé la critique, et que sa mise en scène n’avait rien de transcendant. Les concurrents étaient sérieux en face (Sciamma, Malick et à peu près tous les autres finalement), mais il faut croire que la mine attendrissante des deux frères aura eu raison du jury.

Grand prix : Atlantique de Mati Diop 

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(Nous avons séché cette séance-là, mais l’incompréhension régnait parmi les festivaliers à l’annonce de ce prix…)

Prix du jury : Les Misérables de Ladj Ly, ex aequo avec Bacurau de Kleber Mendoça Filho et Juliano Dornelles 

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Mérité pour Les Misérables, film éminemment politique qui tombe au très bon moment, à l’heure où le pays est agité par de fortes tensions sociales. Rien de révolutionnaire mais un propos dense qui justifie amplement ce prix. Rien à dire sur Bacurau, que nous n’avons pas vu.

Prix d’interprétation féminine : Emily Beecham dans Little Joe

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Pardon ? Pourquoi ? Comment ? Sans parler du fait que le film soit raté (bien comme il faut), la prestation de l’actrice n’a vraiment rien de marquant. Elle n’est pas mauvaise, certes, mais le scénario ne l’aide pas à montrer toute sa gamme. Plutôt monocorde, son jeu est probablement le dernier que nous aurions récompensé. Surtout lorsqu’en face, on pouvait choisir Adele Haenel, Virginie Effira ou encore Ophélie Bau. Déception totale.

Prix d’interprétation masculine : Antonio Banderas dans Douleur et Gloire

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Logique. Qui récompenser d’autre ? Le Festival 2019 fut plutôt pauvre en (bonnes) prestations masculines. Excepté peut-être Roschdy Zem dans Roubaix, une lumière, personne n’aurait pu être un meilleur choix que Banderas. Dommage toutefois que cela mette fin aux espoirs de Palme d’or de Pedro Almodovar, qui repart encore bredouille de sa septième sélection en compétition officielle.

Palme d’or : Parasite de Bong Joon-Ho

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Palme d’or amplement méritée pour cette fable satirique sur la Corée du Sud de Bong Joon-Ho. Réalisation incroyable, acteurs au top du top, musique, décors, tout est réussi. La plus grosse satisfaction de ce palmarès.

Les oubliés du Palmarès : 

Tarantino, peut-être snobé parce qu’il n’avait présenté qu’une copie de travail de son film, et qui doit se contenter de la Palme dog.

Malick, qui repart bredouille après avoir rendu une copie sans aucune faute, sûrement la plus grosse déception de ce festival.

Toujours pas de Palme pour Pedro (qui va finir par se vexer), même si le Prix d’interprétation est sans doute un lot de consolation appréciable.

Et enfin petite pensée à Ophélie Bau, qui a vraiment (vraiment) tout donné à Kechiche pour Mektoub, My Love : Intermezzo et aurait largement mérité un prix d’interprétation.  Sans doute aura-t-elle été victime du scandale causé par le film. Dommage.

Rendez-vous en septembre pour la Mostra de Venise. 

Mathias Chouvier

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