Les tops de Game of Thrones, par la rédaction de Salles Obscures

Les Obscuriens les plus passionnés de l’univers de G.R.R. Martin ont compilé pour vous le meilleur de huit années à Westeros et Essos. Valar spoiluris.

 

La meilleure saison : la Saison 4 

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Même l’affiche est belle

On peut parler de l’âge d’or de la série, à la croisée du génie scénaristique des premières et des prouesses visuelles des dernières.

Le show s’est construit sur une mécanique minutieuse où chaque saison constituait l’adaptation par David Benioff et Daniel Weiss (surnommés D&D) d’un tome du roman A Song of Ice and Fire. Ainsi, si la première saison reprend les évènements de A Game of Thrones et la deuxième ceux de A Clash of Kings, la troisième s’arrête aux cultissimes Noces Pourpres, c’est-à-dire aux deux tiers de A Storm of Swords.

A l’heure où il fait bon genre de huer D&D, rappelons que ce choix des show runners est l’un des meilleurs de la série et du livre confondus. La quatrième partie de la série HBO s’ouvre ainsi sur un climax et profite d’une atmosphère étouffante sans jamais paraître précipitée (coucou les deux dernières saisons). Enfin, des passages des quatrièmes et cinquièmes livres sont intégrés pour parfaire le tout.

Parmi les meilleurs moments vient immédiatement à l’esprit la mort de Joffrey, interprété par l’excellent Jack Gleeson, suivie du procès de Tyrion Lannister, joué par un Peter Dinklage au sommet de son art. Sur ces entrefaites est introduit le meilleur personnage d’une saison (à l’exception de Ned ?) : Oberyn Martell. Pedro Pascal est miraculeux en poète mortel animé par la vengeance.

Si l’on dépasse les portes de Port Réal, cette saison brille par sa capacité à former les paires les plus improbables, pour un résultat qui force le respect. Arya et Le Limier, Jaime et Bronn ou encore Brienne et Podrick. Deux personnages retiennent l’attention par l’incroyable changement de leur trajectoire : Sansa et Jaime. La première s’éveille au jeu des trônes sous l’égide de Littlefinger et le second entreprend, au cours de sa rédemption pleine d’ambiguïté, remise en cause de sa famille.

De l’autre côté de la mer, Daenerys est encore en pleine ascension, mais le MVP de la fin de saison est sans conteste Jon Snow, porté par un Kit Harrington surprenant. L’antépénultième épisode nous plonge dans la bataille du Mur, et parvient, à la faveur de moyens techniques supérieurs, à surpasser la bataille de la Néra (saison 2). La mort d’Ygrid sonne le glas de la jeunesse de Jon et clôt une saison aussi belle que riche.

 

Le meilleur interprète : Charles Dance 

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Pas besoin de légende, elle est déjà sur la photo

C’est l’interprète de Tywin Lannister qui rafle cette distinction, si prestigieuse dans une série qui a su rassembler un panel d’actrices et d’acteurs dont la réussite n’a d’égale que la variété. Le très britannique grand-père fait preuve d’un charisme, d’un phrasé et d’une science du déplacement inégalé durant les huit saisons. Sa mort, qu’il apprit par hasard lors d’une conversation avec un fan, n’est que le digne au revoir à une série de prestations où transparait largement sa formation d’acteur de théâtre anglais.

Confronté à une variété de personnages (souvenez-vous de son dialogue mémorable avec une Arya terrorisée à l’idée d’être reconnue), il bénéficie de sa proximité dans l’histoire avec des personnages eux mêmes brillamment interprétés. Lena Headey (Cersei), Peter Dinklage (Tyrion) et, dans une moindre mesure à l’époque Nikolaj Coster-Waldau (Jaime) lui fournissent un trio d’enfants sur lequel ses diatribes trouvent un formidable écho.

Ce personnage gris foncé prend assez vite le rôle d’antagoniste et répand la peur dans toutes les Sept Couronnes sans jamais tirer son épée. Il est visionnaire au point de mourir sous le tir d’une mini baliste portative, arme décidément redoutable dans cet univers…

Mentions honorables : Peter Dinklage, Lena Headey, Liam Cunningham, Alfie Allen, etc.

 

Le meilleur personnage : Jaime Lannister 

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Oathbreaker ou Oathkeeper ?

Peut-être moins serré que le précédent classement, ou pas. Certains préféreront Tyrion et il est bien peu aisé de leur en vouloir. Cette distinction se heurte également aux amours effrénées que les fans vouent à certains protagonistes en dépit de tout. Ainsi, si vous allumez votre écran pour voir Sansa, Daenerys ou encore Jon, cela se comprend tout à fait.

Néanmoins, après de multiples visionnages de la série phare de HBO, un personnage semble surplomber tous les autres : Ser Jaime Lannister, de son surnom Kingslayer. Premier personnage à être détesté, il achève son arc, huit saisons plus tard, en héros. Jaime est un épéiste hors pair, doté d’un physique séduisant et d’un nom de famille avantageux. Cela sonne presque ennuyeux, mais c’est sans compter le génie sadique de G.R.R. Martin.

Il est d’abord confronté au mépris de ses pairs pour avoir assassiné le roi qu’il devait protéger. La scène de la salle du trône avec Eddard Stark laisse paraitre un désir farouche de reconnaissance, vite recouvert par l’arrogance. Défait par Robb Stark aux Bois-aux-Murmures, il est libéré par la mère de ce dernier pour sauver les filles de la maison Stark. C’est le début de la plus belle relation de la série, lors de son voyage aux cotés de Brienne of Tarth. Son comportement avec Brienne peut s’analyser parallèlement à son arc : d’abord arrogant dans la moquerie, puis sincère dans la détresse et enfin altruiste dans le sacrifice.

Une des critiques de la saison 8 soutient que la décision de le faire quitter Brienne pour revenir à Cersei est une trahison de sa propre histoire par les show runners. En attendant de connaitre la version de G.R.R. Martin, il semble que ce ne soit pas le cas. En effet, si Jaime est un chevalier en rédemption, il n’est jamais devenu un saint. Son idylle avec une femme exemplaire laisse donc place à sa fidélité pour un amour destructeur. Ceux qui voyaient en lui un protecteur du peuple se trompaient, son seul et unique désir à toujours été sa réussite et celle de sa soeur.

C’est par conséquent un personnage plein de nuance, à qui le récit ôte son arme (à savoir sa main droite), pour le jeter dans une arène morale fascinante dont il ressort grandi et imparfait.  Libre à chacun de raconter son histoire comme un héros ou un scélérat.

Mention honorable : Theon Greyjoy.

 

Meilleur moment : le procès de Tyrion Lannister 

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Moi face aux critiques de la saison 8

Tout les ingrédients du succès de la série sont regroupés dans cette scène d’anthologie : intrigue politique, drame familial, crime passionnel. 

L’éloquence de Peter Dinklage et la surprise des rebondissements complètent le tableau. A voir et revoir.

Mentions honorables : l’explosion du Grand Septuaire sur les notes de Light of the Seven et la mise en abyme d’Arya au théâtre de Braavos.

 

Meilleur combattant : Ser Gregor Clegane

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La Montagne, ça vous gagne

Gregor Clegane, La Montagne, est le guerrier qui l’emporte dans une catégorie qui fera sans doute débat.

Il convient d’abord d’exclure les gloires passées. Si Arthur Dayne n’aurait fait qu’une bouchée de Gregor, si Rhaegar et consorts l’auraient sans doute battu, n’en demeure pas moins que retiennent ici notre attention les combattants figurant dans la série (un flashback douteux ne suffit pas). De même, Barristan Selmy dans la fleur de l’âge aurait pu prétendre à ce classement mais la série débute trop tard pour cela.

Sont également exclus les combattants ignorés à l’écran. A ce titre, le fantastique Areo Hotah de Dorne, à qui la série donne une mort détestable, ne peut être proposé, tout comme Syrio Forel. De même certains sont évoqués mais manifestement trop faibles : Jon Snow, Robb Stark, Euron Greyjoy, Brienne of Tarth, Béric Dondarrion ou encore Jorah Mormont.

Jaime Lannister (doté de ses deux mains) déclare une fois que « seuls trois hommes auraient une chance contre lui », ce qui semble l’exclure malgré un talent réel dans une génération en deçà des précédentes. 

Les lanciers Oberyn Martell et Vergris sont aussi deux options crédibles, quoique la défaite directe du premier et l’aspect collectif du second nous permettent de les écarter. Khal Drogo, invaincu en duel, est également intéressant si l’on oublie son absence totale d’armure digne de ce nom. Daario Naharis et Bronn peuvent totalement le vaincre comme Oberyn avait commencé à le faire, mais finiraient au moins 7 fois sur 10 écrasés.

Ne reste que Sandor Clegane, Le Limier. Il s’approche de la puissance de son frère et manie mieux l’épée. Cependant, dans une confrontation au début de la série, Gregor aurait à n’en pas douter plus de succès parce qu’il est meilleur dans leur talent commun, la force. Si l’on considère la transformation par Qyburn et l’issue du Clegane Bowl, la supériorité de Gregor ne fait plus de doute.

 

Meilleure mort : Olenna Tyrell 

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Meilleure musique : Light of the Seven 

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Quand t’as paumé ton verre de rouge

Lorsque, pour la première fois en 6 saisons, les notes d’un piano résonnent pendant un épisode de Game of Thrones, le spectateur attentif s’arrête de respirer. Ce morceau est le plus populaire de l’histoire de la série et ce n’est pas sans raison. Ramin Djwadi y affirme sa montée en puissance comme l’un des tous meilleurs compositeurs de sa génération à Hollywood.

Mentions honorables : Rains of Castamere, Pay the Iron Price, Mhysa, Jenny of Oldstones, Truth.

 

Meilleure réplique : «Chaos isn’t a pit, chaos is a ladder» 

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Quand tu me doubles dans la queue du bar à salade

Cette réplique, emblématique du personnage de Peter Baelish, coiffe au poteau « You know nothing Jon Snow », « The Lannister send their regards » et autres « Winter is coming ». Game of Thrones regorge de traits d’esprit, de références et de punchlines, mais celle-ci résume un personnage, achève un conflit, fait référence au passé tout en étant reprise plus tard. Elle est suffisamment sèche pour être retenue, tout en s’inscrivant dans un riche dialogue classique des premières saisons. Enfin, comme peu d’autres, elle lie la petite histoire à la Grande, au Game of Thrones.

Paul Viguié

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