Top 10 des séries qui nous auront fait rater nos partiels en 2018

Vous étiez trop occupés à travailler d’arrache pied pour regarder des séries cette année ? Envie de profiter de l’accalmie hivernale pour refaire votre retard ? Pas de panique, la rédaction de Salles Obscures fait le point pour vous des séries qu’il ne fallait pas manquer cette année (garanti sans Game of Thrones). 

 

10 : American Crime Story : The assassination of Gianni Versace

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Comme sa grande soeur sur l’affaire OJ Simpson, la saison 2 d’American Crime Story (ACS, pour les intimes) s’est imposée comme l’une des réussites majeures de cette année 2018. Couronnée  par les Golden Globe (meilleure série limitée, meilleur acteur dans une série limitée), le cru 2018 se concentre sur le meurtre du célèbre couturier Gianni Versace par le tueur en série Andrew Cunanan. Somptueusement réalisée, avec toute la grandiloquence que l’on connait à Ryan Murphy, la série brille aussi par ses acteurs, notamment Darren Criss, glaçant, mais aussi Penelope Cruz, surprenant sosie de Donatella Versace. Mise en scène baroque et dénonciation de l’homophobie latente des années 1990 aux Etats-Unis, la série réussit le pari de nous passionner pour une histoire dont on connait déjà la fin. 

 

9 : The Chilling Adventures of Sabrina

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Je vois d’ici vos mines choquées à la vue de la série en neuvième position. Oui, la nouvelle mouture des aventures de Sabrina l’apprentie sorcière est une réussite. Bien sûr, elle n’est pas parfaite. Mais en choisissant d’en faire une adaptation plus dark (modérément) et plus adulte, les créateurs du show ont réussi à donner un nouveau souffle à la sorcière kitschissime de KD2A (les vrais connaissent). Plus fun, plus puissante, plus assumée, beaucoup plus sanglante, la Sabrina 2.0 (excellente Kiernan Shipka) se rebelle contre ceux qui voudraient la brider, y compris le tout-puissant Satan qu’elle devrait vénérer. Car oui, les sorcières sont les disciples de Satan, et si vous l’aviez oublié cette nouvelle version se charge de vous le rappeler. Dans l’ère du temps, la série aborde des problématiques que l’on pensait bien loin de notre héroïne comme le harcèlement scolaire ou l’alcoolisme, pas de manière très subtile certes, mais elle a le mérite de le faire. Les décors sont bons, les plans sont soignés, la BO déchire, que demande le peuple ? 

8 : The Little Drummer Girl

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Première incursion de Park Chan-wook dans l’univers des séries, The Little Drummer Girl met en scène une actrice, jouée par la géniale Florence Pugh, qui suite à sa rencontre avec un agent secret israélien (Alexander Skarsgard, le colosse venu du nord) se retrouve mêlée à un complot à grande échelle. Déjà vu, vous dites ? Oui, mais c’est écrit par John Le Carré, l’un des maîtres du roman d’espionnage, et ça, ça change tout. Haletant, prenant, particulièrement bien réalisé, le suspens est parfaitement maitrisé, le tout dans un format assez court (6 épisodes) pour ne pas devenir lassant. Le reste du casting est tout aussi brillant, Michael Shannon en tête, mais aussi Max Irons, et la série, loin des habituels « Salt » et autres « Mission Impossible », joue la carte de la finesse pour mieux envoûter le spectateur. Mention spéciale à la mise en scène du sud-coréen, qui réitère ici au fil des épisodes l’exploit esthétique qu’était « Mademoiselle », son dernier film. 

 

7 : Escape at Dannemora

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Passage derrière la caméra pour Ben Stiller qui se lance, non sans étonnement, dans la série carcérale. Bien loin de « La Nuit au Musée » et autres comédies, l’acteur, désormais show runner, fait preuve d’un sens aigu de la réalisation et d’une maîtrise que l’on n’attendait pas. Le pitch ? Deux détenus projettent de s’évader d’une prison, avec l’aide de l’une des employés (inspiré d’une histoire vraie). Si l’histoire semble au départ plutôt simple, voire sans intérêt, c’était sans compter sur l’écriture particulièrement brillante et les personnages développés avec intelligence. Mais la série vaut surtout pour son casting, avec en tête Benicio Del Toro, Paul Dano mais aussi et surtout l’incroyable Patricia Arquette qui livre ici sa meilleure prestation depuis Boyhood. Métamorphosée pour l’occasion en employée de prison pas très glamour, l’actrice, unanimement saluée par la critique, fait oeuvre d’un talent monstre. Les Golden Globe ne s’y sont pas trompé, en lui décernant le prix de la meilleure actrice dans une série limitée. 

 

6 : Maniac

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OVNI télévisuel, Maniac a bousculé le paysage sériel en 2018. Réalisée par Cary Joji Fukunaga, déjà papa de l’excellente saison 1 de True Detective, la série suit deux personnages, dans une époque inconnue, mélange atypique du passé et de technologies futuristes, qui vont suivre un traitement expérimental censé mettre fin à toutes leurs souffrances psychologiques. La série s’envole ensuite vers un univers totalement barré, alternant rêve et réalité, loufoque et grave, triste et joyeuse à la fois. Les époques, les rêves, les personnages s’enchainent sans jamais laisser le spectateur de côté. Le risque était d’être face à une série inaccessible, mais au contraire on se retrouve embarqué dans la folle épopée à travers la psyché des personnages. Le casting n’aligne que des pointures avec Emma Stone, Jonah Hill, Sally Field et Justin Theroux en tête. Les décors sont ultra inventifs, la mise en scène est pensée dans les moindres détails. Un travail d’orfèvre, pas sans rappeler Lynch ou Gilliam, curieusement et injustement snobé par les Golden Globe. 

 

5 : Killing Eve

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Nouveau bébé de Phoebe Waller-Bridge (connue pour sa série Fleabag), Killing Eve a réussi l’exploit de faire une série d’espionnage qui n’oppose que des femmes ou presque (ce qu’avait modestement commencé les Totally Spies), les personnages masculins étant ici parfaitement  secondaires. On suit une employée des renseignements britanniques, la remarquable Sandra Oh (ex star de Grey’s Anatomy), dans sa lutte face à une tueuse à gages sans pitié interprétée par la révélation Jodie Comer. Ici, pas de courses poursuites à travers le monde, mais plutôt un terrible jeu du chat et de la souris, presque charnel (cf cette scène dans la cuisine de Sandra Oh) entre les deux femmes, qui se ressemblent plus qu’elles ne veulent l’admettre. Réalisation et BO soignées, la série se repose aussi sur un casting ultra solide, récompensé encore une fois aux Golden Globe (meilleure actrice dans une série dramatique pour Sandra Oh), dans lequel on retrouve aussi Fiona Shaw, l’éternelle Tante Petunia de Harry Potter. Une traque sanglante et féministe que l’on regarde avec un plaisir non dissimulé. 

 

4 : The Haunting of Hill House

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A l’annonce d’une nouvelle série d’horreur sur Netflix, il faut avouer que l’on était un peu perplexe. C’est en effet un genre où il n’est pas rare de tomber des dans lieux communs usés jusqu’à la corde, surtout en matière de maison hantée. The Haunting of Hill House, réalisée par Mike Flanagan, nous a fait ravaler notre venin. Sur deux trames temporelles, la série suit une famille qui s’installe dans une maison (hantée, vous l’aurez compris) pour la retaper, et cette même famille des années plus tard. Plus qu’une série d’horreur, le scénario aborde aussi la difficulté de faire le deuil et de surmonter les traumatismes. La série est bien réalisée (mention spéciale à l’épisode 6 en plans séquences). Elle fait réellement peur, sans abuser du jump scare mais en distillant l’angoisse, atténuée par les passages dans le présent. Les acteurs sont globalement très bons, les enfants y compris. Saluons notamment la performance d’Elizabeth Reaser (ancienne de Twilgiht), particulièrement convaincante. Alors oui, il y a quelques longueurs, mais la série parvient à insuffler une nouvelle dynamique à l’horreur format petit écran, et rien que pour ça elle mérite cette place. 

 

3 : Bodyguard

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Sensation venue d’Angleterre (des audiences jamais vues sur la BBC lors de sa diffusion), Bodyguard est LA série contemporaine par excellence. Ici, on suit un agent de services de protection britanniques (Richard Madden, ex de Game of Thrones) chargé de le protection de la nouvelle Secrétaire d’Etat à l’Intérieur du Royaume-Uni (Keeley Hawes), dont les positions tranchées lui valent d’être la cible de nombreuses menaces. Ce qui fait la force de cette série, c’est la tension permanente qu’elle réussit à instiller (notamment la toute première scène de la série particulièrement impressionnante). Si la réalisation ne brille pas par son originalité, le suspens est maintenu jusqu’au bout et la série enchaine les scènes ultra tendues. Les acteurs sont excellents (Madden a lui aussi été récompensé aux Golden Globe), le duo des deux acteurs principaux fonctionne à merveille. Mais c’est surtout la capacité de la série à s’attaquer au terrorisme islamique sans jamais tomber dans le cliché qui fait sa force, reste à voir si elle pourra réitérer cet exploit en saison 2. 

 

2 : Homecoming 

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Homecoming, c’est un peu la série qu’on avait pas vu venir mais qui nous intriguait quand même. Les trailers étaient cryptiques mais le simple fait de voir Julia Roberts dans le rôle principal titillait notre curiosité. Que dire si ce n’est que nos attentes ont été plus que comblées. On suit dans cette série une sorte de psychologue, interprétée par Julia Roberts donc, qui se retrouve à la tête du programme « Homecoming » dans un centre de réadaptation pour les soldats revenus du front. Sur une autre trame temporelle, on suit le même personnage questionné sur son départ du centre mais qui a tout oublié de cette période de sa vie. Intriguant, vous dites ? En effet, la série est extrêmement bien écrite, le suspens est ménagé tout le long et quand la révélation du véritable but du programme Homecoming apparaît, le spectateur ne peut que se retrouver bouche bée. La réalisation, qui alterne les formats d’image pour différencier les deux temporalités, est très soignée et le casting fonctionne à merveille. Julia Roberts trouve enfin un  nouveau rôle dramatique à la hauteur de son talent, et Stephan James est une vraie révélation dans le rôle du soldat manipulé. Une réussite totale. 

 

1 : Sharp Objects

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Malgré la canicule qui sévissait alors en France, les plus courageux (et chanceux) ont suivi cet été les aventures d’Amy Adams dans la moiteur du Missouri, et ne l’ont certainement pas regretté. Après la très remarquée « Big Little Lies » et son casting XXL, Jean Marc Vallée revient dans le game des séries avec une adaptation d’un roman de Gillian Flynn, nouvelle papesse de la littérature policière outre-atlantique. On y suit une journaliste interprétée par Amy Adams qui revient dans sa ville natale pour enquêter sur le meurtres de jeunes filles. Pas très originale de prime abord, cette histoire prend toute sa complexité dans les personnages qui la composent, entre une héroïne torturée (au propre comme au figuré), une mère abusive (Patricia Clarkson, magistrale) et une demi-soeur ambiguë (la révélation Eliza Scanlen). La série dresse des portraits de femmes très complexes, qui se révèlent toutes bien différentes de ce dont elles ont l’air. Difficile d’aller plus loin sans spoiler, mais croyez le vous serez surpris. Comme toujours chez Vallée, la réalisation est soignée jusque dans les moindres détails, la bande originale est composée avec soin mais surtout le montage est particulièrement efficace. Mais cette première place est surtout justifiée par la fin, surprenante, choquante, et particulièrement réussie. Ne manquez surtout pas les deux scènes post-génériques du dernier épisode, qui vont vous glacer le sang. 

Mathias Chouvier

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