Les 4 Cavaliers de l’Aflopalypse (Version 2018)

La Rédaction de Salles Obscures a sélectionné 4 films de 2018 qu’elle estime mauvais (voir très mauvais) et vous explique pourquoi. 

1 – Les Animaux Fantastiques 2 (de David Yates)

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« Les Animaux Fantastiques, deuxième du nom : plus rien de fantastique »

Si le premier film était parvenu à s’inscrire dans le même univers que celui des films Harry Potter tout en se détachant par l’histoire, le deuxième met les deux pieds dans le plat du fan service quitte à perdre en qualité et en intérêt.

Les personnages sont mal développés quand ils ne sont pas totalement inutiles, le scénario est alambiqué au possible et la fin sonne comme une trahison. Le casting est globalement bon, même si Johnny Depp a perdu de sa superbe, sûrement égarée au fond d’une bouteille de vodka, et qu’Eddie Redmayne avait visiblement un torticolis au moment du tournage. S’il est visuellement réussi, le film se perd dans sa propre histoire et ne sait plus par quel bout la développer. JK Rowling y met du sien, peut-être un peu trop. A vouloir gâter les fans, elle finit par y perdre son âme et ce qui faisait en son temps le sel des aventures du sorcier à lunettes.

Rowling est bien plus une auteure qu’une scénariste, tout le monde l’aura compris. Espérons qu’elle retienne la leçon ou le prochain volet (parmi les 5 annoncés !) pourrait bien amorcer le naufrage du Wizarding World. Pour l’instant, on a envie de croire qu’il ne s’agit que d’une erreur de parcours, mais quelle erreur !

2 – Jurassic World : Fallen Kingdom (de Juan Antonio Bayona)

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Lorsque Alan Grant attache sa ceinture dans l’hélicoptère en 1993, il ne trouve pas de boucle mâle, et est donc contraint de nouer deux boucles femelles. D’ailleurs, sur l’île où il atterrit, au large du Costa Rica, les femelles dinosaures se reproduisent malgré l’absence de mâle. Vous l’aurez compris, Spielberg aime les mises en abime.

Jurassic Park premier du nom, c’est une histoire où les visiteurs du parc jubilent devant les prouesses scientifiques, au même titre que les spectateurs devant les animatroniques qui croquent les acteurs.
Alors que les héros redoutent le syndrome de l’apprenti sorcier, les critiques du film craignent de voir émerger un système où le film ne serait qu’un support pour une lourde campagne de merchandizing.
Par exemple, lorsque les deux gamins se baladent dans la boutique du parc, juste avant l’arrivée des « grosses dindes » à dents pointues, les produits dérivés vendus dans le magasin et montrés à l’image sont ceux vendus dans la vraie vie par Universal. Youpi.

Mieux encore, vous avez vu le dessin animé « Le petit dinosaure » aka Petit Pied ? Il a été produit par Spielberg pour sensibiliser les enfants à la Dinomania avant la sortie de Jurassic Park, à l’instar de bien d’autres dessin animés sur nos amis sauropodes.

20 ans plus tard, avec Jurassic World, les investisseurs (et la prod) réclament plus d’effet « waouh » pour obtenir une espèce hybride encore plus monstrueuse. Ici, l’Indominus Rex, un raptor géant, est supposé impressionner autant le public du parc que le spectateur du film, tous accoutumés respectivement aux dinosaures traditionnels.
Le public du parc repartira avec quelques membres en moins, le spectateur lui quittera la salle encore plus déçu face à cette madeleine de Proust un peu bancale.

Arrive alors Jurassic World 2 : Fallen Kingdom, inventant un nouveau Pokémon pour l’occasion, l’Indoraptor, sorte de raptor géant nain.

La mise en abime est simple ici : L’île est saccagée, la franchise aussi. Et tous les dinosaures meurent à quelques exceptions près, ce qu’il en reste finissant dans la maison d’un milliardaire (qui se fait bouffer). La licence aussi (et ça craint pour les producteurs).

3 – Une prière avant l’aube (de Jean-Stéphane Sauvaire)

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Le film nous plonge avec réalisme dans la chaleur poisseuse des geôles thaïlandaises (ou quelqu’un a coupé la clim du ciné jsp). Billy Moore, boxeur junkie, doit affronter ses démons.

Aucune exposition des personnages, très peu de sous-titrage pour les passages en thaïlandais, une bande-son minimaliste : Jean-Stéphane Sauvaire fait le choix d’une approche sensorielle et contemplative qui fonctionne plutôt bien au début. Hélas, après une demi heure de violence mise devant un microscope, on a naturellement tendance à chercher l’histoire (on est quand même venu voir un biopic). On se heurte alors à un personnage sans passé ni futur autre que la survie, pris dans une succession de climax alors que la prison est avant tout un lieu de temps morts… Les scènes de combat, techniquement passables on est loin de Warrior avec Tom Hardy, sont interchangeables au sein d’une intrigue inexistante. Le summum est atteint lorsque Billy rencontre son père (joué par le mec dont on raconte l’histoire) sans que l’on ressente aucune émotion autre qu’un « ah » Denis Brogniartesque.

Si l’on excepte le talent du réalisateur pour créer des scènes si violentes qu’elles sont difficiles à regarder, dans la lignée de Johnny Mad Dog et du XV de France de rugby, ce film s’enferme très vite dans la cage de son scénario décevant.

4 – Bohemian Rhapsody (de Brian Singer)

 

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Bohemian Rhapsody, avec ses nombreuses nominations aux Oscars 2019, est un des plus gros succès commercial de l’année. Certes la performance de Rami Malek est excellente (mais pas non plus à mourir d’admiration) et certes le film a rencontré de nombreux problèmes de réalisation et de production sur le tournage mais pour nous, à Salles Obscures, c’est un flop.

Comme on doit faire court, on ne parlera que d’une seule scène : celle du Live Aid. Alors oui, la scène reprend dans les moindres détails le véritable concert de Wembley et blablabla (on connait la chanson) mais si on avait voulu regarder le concert, il nous suffisait d’aller sur youtube.
Ici, entre lumière surexposée (sans doute une vaine tentative de métaphore sur le fait que Mercury va bientôt mourir ou que ce live à Wembley représentait le paradis pour lui) et effets spéciaux qui feraient passer les fonds verts du Hobbit pour des chefs d’oeuvre, rien ne va.
Le pire reste sans aucun doute le montage qui alterne plans d’ensemble sur le stade et la foule en délire (qui sont tellement mal faits qu’on pourrait croire à une reproduction faites par TF1), gros plans sur Mercury qui chante vraiment super bien et gros plans sur sa famille qui a les larmes aux yeux, parce que c’est vraiment une success story comme il s’en réalise rarement. C’est tellement gênant et tellement cliché que quand le film se termine on se retrouve les yeux dans le vide, sans savoir s’il fallait en rire ou en pleurer.

Pour résumer le reste du film, faites une liste de tous les clichés que l’ont peut trouver au cinéma puis visionnez Bohemian Rhapsody en cochant chaque cliché que vous voyez. Devinez quoi ? A la fin, vous avez coché toute la liste.

La Rédaction

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