Boyhood

Il aura fallu 12 ans à Richard Linklater, cinéaste esthète évoluant dans le cinéma indie (il a signé entre autres le teen movie Dazed and Confused en 1993 et la trilogie des Before… entre 1995 et 2013), pour réaliser un de ses plus vieux projets : filmer le cheminement, de l’enfance à la majorité, d’un jeune Américain du XXIe siècle.

Début années 2000, quelque part au Texas : Jason, 6 ans, vit avec sa sœur Samantha et sa mère, laquelle peine à joindre les deux bouts depuis qu’elle s’est séparée du père de ses enfants. Le film invite à suivre le petit Jason à travers son enfance chamboulée par les déménagements fréquents, les beaux-pères qui se succèdent, les incertitudes de l’adolescence, les premiers émois, les remises en question et enfin l’entrée en université, symbole d’une page qui se tourne…

Chaque été, de 2002 à 2014, Linklater a réuni ses acteurs sur une semaine ou deux de tournage : il en résulte un film touchant et réaliste, où l’on voit les personnages grandir à l’écran (un peu comme nos acteurs chéris de Harry Potter !) et qui évoque notamment l’apogée du marché de la game boy, le succès de Britney Spears ou encore l’élection de Barack Obama en 2008. Chacune des périodes vécues par le protagoniste, en l’occurrence Jason, a son lot d’expérience, lesquelles ne nous sont d’ailleurs pas étrangères : premier crush de primaire, première cigarette, première bière, premiers amours, la recherche d’un appart (galère universelle) et questionnement sur la perception qu’ont les autres de nous…

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L’évolution physique de l’acteur principal Ellar Coltrane au cours des 12 années de tournage. 

Fresque pittoresque qui saura réjouir petits et grands, ce film est un rayon de soleil. Il aborde avec douceur les moments de doute et d’instabilité, du personnage de Patricia Arquette, une mère qui élève seule ses deux enfants et qui pour subvenir aux besoins de sa petite famille reprend ses études, au père paumé incarné par Ethan Hawke qui, malgré l’amour qu’il porte à ses enfants, se cherche lui aussi.

Peu importe l’âge du spectateur, chacun devrait pouvoir se retrouver dans au moins l’un des personnages de l’histoire (le fils, la mère, le beau-père, la sœur, la petite copine, etc).

Un film lumineux donc, qu’illustre parfaitement le morceau d’ouverture, Yellow de Coldplay (« Look at the stars, look how they shine for you »), pendant qu’un petit garçon allongé dans l’herbe, mains calées derrière la tête, regarde le ciel rêveusement…

Patchwork sentimental d’une famille américaine moyenne, ce film est une pépite à voir de toute urgence pour celles et ceux qui ont d’autres attentes du cinéma que des excès de pyrotechnie et les scénarios (trop) bien ficelés pour être réalistes.

Récompense notable : Ours d’argent du meilleur réalisateur pour Richard Linklater au festival international du film de Berlin de 2014

Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Ys-mbHXyWX4

 

Philippine Bouilly

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