Critique Le Grand Bain

Le rythme des cours te donne le cafard ? 

Viens prendre un grand bain d’humour !

 

L’affiche du film Le Grand Bain annonce la couleur de ce long métrage. Une partie du gratin de la comédie française en slip de bain speedo et aux corps bedonnants qui n’a pas peur de se ridiculiser. Le pari est réussi et cette comédie promet des fous rires sans être mièvre ou tomber dans le vulgaire.

Le Grand Bain est un film français réalisé par Gilles Lellouche qui présente 8 types paumés qui se rassemblent tous les jeudis soirs pour faire de la natation synchronisée. Ce film se démarque par la multitude de personnages pittoresques tous travaillés minutieusement et joués à la perfection par des acteurs talentueux.

Le long métrage commence par Bertrand, incarné par Mathieu Amalric, un quinquagénaire dépressif qui a quitté son travail depuis deux ans et qui passe son temps à jouer à CandyCrush dans son canapé au grand désespoir de son épouse jouée par Marina Foïs. Ce dernier décide d’entrer dans l’équipe de natation synchronisée sans savoir pourquoi. La troupe est entraînée par la douce Delphine (Virginie Efira) et l’entraineuse tortionnaire Amanda (Leïla Bekhti ) qui assure au spectateur des éclats de rire face à ces mâles peu gracieux.

Bertrand retrouve alors une galerie de personnages aussi déjantés les uns que les autres dont Laurent (Guillaume Canet), le patron condescendant et pessimiste, Marcus (Benoit Poelvoorde) qui tient un magasin de piscine en faillite, Simon (Jean Hugues Anglade) le rockeur raté, Thierry (Philippe Katerine) le sensible, John (Félix Moati) qui a commencé son stage en maison de retraite et qui ne l’a jamais quitté depuis, ainsi que bien d’autres. Leurs traits sont grossis et parfois caricaturaux mais ce n’est pas pour nous déplaire. Le spectateur ne fait pas que rire d’eux, il rit également avec eux. Il est pris de tendresse pour ces hommes qui cherchent tant bien que mal de se faire accepter dans un monde où ils sont rejetés.

Cette quête identitaire est le fil conducteur du film.

Dès l’entrée du film, il est expliqué que le cercle représente la liberté et le carré les institutions qui nous briment. L’omniprésence de ces formes se fait sentir tout au long du film à travers son cadrage et ses transitions, ses gros plans sur les cigarettes qui se consument, les chorégraphies…

Le film dénonce la volonté de la société de faire croire que la liberté et les règles sont deux notions qui s’opposent nécessairement alors qu’un équilibre est possible. Et c’est cet équilibre, ce souffle, que nos protagonistes tentent de trouver à travers la natation synchronisée. Ce sport leur permet de quitter leur carré conformiste et de se prendre par la main afin de former un cercle où l’entraide, la compassion et l’absence de jugement sont les maitres mots.

Par cette superposition des formes, le film interroge également sur les stéréotypes liés au genre des individus. Un homme peut être viril même s’il pratique un sport « pour les femmes » et une femme peut être pugnace et prendre un homme sous son aile.

Le Grand Bain conclut alors que tous les ronds peuvent rentrer dans des carrés et tous les carrés peuvent rentrer dans des ronds.

Les + du film: vous permet d’ajouter une série de phrases cultes à vos diners au lieu d’uniquement sortir des répliques d’OSS 117.

Les – moins du film: un film plein de bons sentiments mais ça fait du bien.

Fannie Dupriez

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